Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République
Monsieur le Président,
Vous vous êtes exprimé mardi soir à la télévision. De nombreux thèmes
ont été évoqués. Par une manipulation morale habile, vous avez fait
profil-bas et vous êtes presque "excusé" devant les Français de mettre
en place des réformes impopulaires « mais nécessaires », pour reprendre
vos expressions. Vous vous affichez en victime, car vivement critiqué et
au plus mal dans l'opinion publique. Au final, vous vous attribuez
quasiment la place d'un héros, vous et votre politique allant "sauver la
France"...
Pourtant, les nouvelles mesures que vous souhaitez
mettre en place avec votre gouvernement, sa majorité parlementaire et le
MEDEF ne sont pour le moins aucunement rassurantes. Nous savons qui,
encore une fois, en paiera le prix. Vous n'avez aucune notion du
ressentiment de vos concitoyens, pas plus que de la souffrance morale et
physique que votre politique injuste et vos « réformes » procurent.
Le plus insupportable, c'est votre omission d'aborder l'essentiel des préoccupations de la grande majorité des Français.
Des millions de personnes de milieux très divers ont
défilé et manifesté contre votre réforme des retraites qui reste la plus
dure et la plus injuste d'Europe, même si vous vous dérobez en la
comparant à d'autres et en particulier à l'Allemagne, en faisant
abstraction de dire que les Allemands ne doivent cotiser que 35 ans pour
acquérir une retraite à taux plein.
Ce que vous n'avez pas entendu, c'est la détresse
de millions de personnes plongées dans des difficultés énormes,
obligées de plus en plus souvent à faire appel à des associations
caritatives pour survivre
Ce que vous n'avez pas entendu, c'est la colère
de ces millions de mères de familles qui ne peuvent plus nourrir
décemment leurs enfants par manque de revenus Ce que vous n'avez pas
entendu, c'est la tristesse des milliers de gosses qui ne comprendront
pas pourquoi le Père noël n'a rien déposé sous le sapin si toutefois il y
en a un.
Ce que vous n'avez pas entendu, c'est le désespoir moral et physique de personnes qui souffrent et ne peuvent plus se soigner, ne pouvant cotiser à une mutuelle.
Ce que vous n'avez pas entendu, c'est la révolte
de milliers d'étudiants qui galèrent pour payer leurs études et sont
trop souvent obligés de faire des petits boulots, quand ils ne doivent
pas abandonner celles-ci pour des raisons financières.
Ce que vous n'avez pas entendu, c'est la souffrance
des résidents âgés, et des personnels, de certaines maisons de
retraites, perçues plus comme des "mouroirs" que des lieux de vie, quand
eux-mêmes ou leur famille ne peuvent débourser 2000 euros ou plus par
mois pour accéder à des établissements adaptés et équipés.
Ce que vous n'avez pas entendu, ce sont ces milliers de foyers privés d'électricité et de chauffage cet hiver parce qu'ils ne pourront pas honorer leur factures.
Ce que vous n'avez pas entendu, c'est la souffrance au travail qui mène parfois au suicide, et laisse des veuves et des orphelins.
Ce que vous n'avez pas entendu,
ce sont les SDF qui vont, encore, affronter un hiver dans la rue et
peut être y mourir, victimes d'un système qui exclu les plus démunis,
comme chaque année.
Certes, vous évoquez avec éloquence et grand discours
l'injustice de la mort de policiers agressés par des délinquants, tout
le monde en convient, c'est intolérable. Mais au même titre, est-il
acceptable de laisser dans un pays riche comme la France, mourir des
gens de faim et de froid sans que cela ne suscite le moindre intérêt
dans vos interventions ?
En fait, ce que vous n'avez pas entendu Monsieur le
Président, ce sont les millions de voix de parents, de salariés, de
chômeurs, de retraités, d'enfants, d'étudiants, de sans-logis, qui
subissent les effets destructeurs de votre politique antisociale et
profondément injuste au profit des plus riches.
Nous avons bien compris la finalité de votre intervention Monsieur le Président :
- rassurer les plus riches en leur annonçant un énorme cadeau : la suppression de l'ISF (Impôt Sur la Fortune).
- rassembler la droite, centristes compris, ratisser un maximum de voix au Front National par l'annonce de votre projet populiste sur l'immigration.
- mentir concernant la prévision de la baisse du chômage.
- enchanter le MEDEF par
l'instauration d'un projet de nouvelle réforme d'indemnisation du
chômage proche de celle de J.Cameron en Angleterre, qui rappelons-le,
consiste à obliger les chômeurs à accomplir des tâches d'intérêts
commun gratuitement sous peine de radiation. Votre projet est légèrement
nuancé, mais flirte avec ce jumelage : obligation au bout d'un an de
chômage d'accepter n'importe quel emploi, (une aubaine pour les
employeurs qui rémunèreront à coup de lance-pierre et feront faire les
travaux les plus ingrats avec, cerise sur le gâteau, une éventuelle
attribution d'aides de l'Etat pour favoriser leurs embauches) : double
jackpot pour le MEDEF.
- tenter d'attendrir la population par un soit disant projet d'aide à la dépendance
pour lequel tous les salariés se verront contraints de payer dès 50 ans
une assurance privée, avec pour tous une augmentation de la CSG, voire
une suppression de leurs RTT...
Vous vous comparez, Monsieur le Président, à Barack
Obama, victime lui aussi d'impopularité aux Etats Unis. Sauf que lui se
bat pour l'instauration d'une protection sociale pour tous, malgré
l'opposition des lobbys capitalistes qui bien sûr y perdraient gros.
Vous, Monsieur Sarkozy, vous imposez un système qui détruit la nôtre.
Ainsi cela gavera, encore plus, les fonds privés. Car ceux qui en auront
les moyens devront souscrire à des assurances afin de compléter ce que
vous supprimez. Sur ce point aussi, enchantement pour vos amis et
associés des banques et assurances en tous genres, marchés financiers et
actionnaires boursiers, tous ces rapaces avides de pouvoir et d'argent.
Ils sont d'ailleurs déjà prêts : les campagnes publicitaires sont
lancées : « plans épargne-retraite », « complémentaires santé » etc.
Pour conclure, Monsieur le Président, vos intentions
sont claires : protéger les plus riches au détriment des plus modestes,
votre seule loi est celle du fric et du pouvoir. Vous
êtes le Président de l'injustice et de la régression sociale, et toutes
vos basses manœuvres politicardes n'ont convaincues personne
. D'autres solutions sont possibles et vous en êtes parfaitement
conscient, mais elles impliqueraient la participation financière et le
renoncement de privilèges des plus aisés, cela n'est pas votre volonté.
Alors nous vous le disons Monsieur le Président, vous nous avez procuré mardi soir le "deuxième souffle" : celui de combattre encore plus énergiquement votre politique.
Car, nous aussi, nous avons des devoirs. Pour cela, nous devons
reconquérir les valeurs qui sont les nôtres, celles de la solidarité,
base de l'égalité des chances, et ce dans tous les domaines. Pour
nous-mêmes, nos anciens, nos enfants, et nos générations futures.
C'est pour cela que nous serons une nouvelle fois dans la rue le mardi 23 novembre.
Ce désespoir doit devenir
mobilisateur. La misère ne doit pas être partagée mais combattue, et
nous continuerons à nous y employer avec conviction et détermination.
Vous nous en avez, encore mardi soir, donné toutes les raisons. Vous
n'êtes, Monsieur Sarkozy, que le Président des fabricants de misère, et
certainement pas un héros. Nous, les millions de victimes de votre
politique, nous avons d'autres ambitions : celles de la justice sociale
et d'une vie décente pour tous !
Christine MOCELLIN
De : UL CGT Thonon 74
samedi 20 novembre 2010 site BELLACIAO
Depuis quelques jours le Parti socialiste
communique en laissant entendre que des accords seraient conclus entre
les formations de gauche sur les élections sénatoriales.
Nous n'en sommes pas là. L'état actuel des discussions n'est pas
satisfaisant. Le Parti socialiste ne peut s'arroger le droit d'une
répartition unilatérale des candidats éligibles au Sénat. L'enjeu est
considérable, il s'agit d'obtenir la majorité au Sénat et plus
généralement de développer de dynamiques gagnantes pour la gauche
jusqu'en 2012, y compris à l'occasion des élections cantonales. La
bataille des retraites où celle autour de la réforme des collectivités
territoriales ont montré combien il serait utile pour notre pays d'avoir
une majorité de gauche dans une des chambre du parlement. Mais cette
dynamique de reconquête dépend d'accord loyaux, gagnant/gagnant pour
l'ensemble des formations qui appellent à construire ces majorités.
Le Parti communiste français ne peut accepter des accords qui
aboutiraient à réduire le groupe Front de Gauche, Républicain et citoyen
au Sénat alors que dans le même temps d'autres formations verraient
accroître leur nombre d'élus. C'est ensemble qu'il faut battre la
droite.
Les discussions doivent se poursuivre dans le respect de chaque
formation.
Francis Parny, Responsable aux relations extérieures pour le PCF
Dans un communiqué, le Parti communiste réunionnais constate que le
budget 2011 adopté hier par la majorité UMP à l'Assemblée va aggraver
considérablement la situation sociale de notre pays
Le budget 2011, présenté par le gouvernement, a été adopté en
première lecture à l'Assemblée Nationale. Sur les 5 députés réunionnais,
seul René Paul Victoria a approuvé. Didier Robert n'a pas voté alors
qu'il est encore titulaire du poste.
Or, l'acte majeur de l'activité d'un député pour lequel il est
d'ailleurs payé, c'est le vote du budget annuel de l'Etat qui
conditionne l'avenir des citoyens, de l'économie et des collectivités.
Ce budget inaugure la première année d'un plan d'austérité sur 3
ans. Le gouvernement veut récupérer 100 milliards, en coupant dans les
dépenses publiques et sociales. Cela conduira à l'aggravation du pouvoir
d'achat des ménages, à l'affaiblissement de l'économie et à la
diminution des recettes des collectivités.
Plus spécifiquement, les dépenses consacrées en 2011 à l'outre
mer subiront une baisse globale d'un milliard d'euros. Les Réunionnais
seront très affectés par les décisions des députés UMP : René Paul
Victoria et Didier Robert. Leur attitude est inadmissible car leur
soutien à ce désengagement de l'Etat vient aggraver une situation
décrite par l'INSEE selon laquelle en 2009 notre économie était en
récession. Comme, la tendance s'est poursuivie en 2010, l'année
prochaine sera encore pire.
Le Parti Communiste Réunionnais salue tous les députés qui ont rejeté ce budget, en particulier Huguette Bello. Blog Nicolas Maury
Le PCF reçoit avec une très grande émotion
la nouvelle du décès d'Abraham Serfaty, un homme de courage qui a
consacré sa vie au combat pour la liberté et la démocratie au Maroc.
Victime de la répression, il a souffert la torture et des longues années
d'emprisonnement sans jamais cesser son combat.
Le PCF rend hommage à l'homme de progrès, au militant infatigable et
transmet à sa femme Christine et à ses proches ses plus sincères
condoléances. Abraham Serfaty, cette grande personnalité marocaine,
restera dans nos mémoires.
La diffusion du Médiator sans respecter toutes
les normes et recommandations connues parait avoir occasionnée plus de
500 décès. La réponse de la secrétaire d'État à la Santé, Nora Berra,
renvoyant sa prise de position à un long travail d'enquête entre le
médicament et ses effets ne peut satisfaire personne.
Les révélations sur le scandale du
Médiator confirment que des liens existent entre le pouvoir et les
trusts pharmaceutiques sur le dos de la santé de la population. Le
rappel de la décoration du patron de ce laboratoire par le Président
Sarkozy lui-même en l'élevant au rang de grand-croix de la Légion
d'honneur en rajoute sur ces liaisons dangereuses.
Ajoutons à cela que Nora Berra, médecin aux Hospices Civils de Lyon tout
en étant médecin au sein de trois des principaux groupes
pharmaceutiques, cultive à son tour le conflit d'intérêt, qui reste la
marque de fabrique des gouvernements de l'ère Sarkozy.
Plus que jamais, la proposition du PCF de créer un grand pôle public
du médicament à l'échelle nationale et européenne est d'actualité et a
toute sa raison d'être. Il faut un espace libéré du pouvoir de l'argent,
répondant réellement aux besoins de santé, contrôlé démocratiquement
par les représentants des usagers qui sont des ayant-droit à la santé.
Si tôt nommé et déjà déchainé. Le gouvernement
renoue avec son démon favori : le coup de force permanent. Foulant
allègrement les droits élémentaires du parlement, le gouvernement a
supprimé les quelques modifications au budget 2011 décidées par les
députés en première lecture.
Ce budget 2011 fait, consciencieusement,
les poches des foyers modestes et des couches moyennes. L'économie
française ne souffre pas de trop de dépenses publiques mais de la
multiplication de cadeaux fiscaux aux plus riches abusivement appelés
« niches fiscales ». Ce n'est pas la France qui est en faillite, c'est
la politique du gouvernement qui conduit tout droit à l'aggravation de
la crise.
Le pire est encore devant nous au vu des récentes déclarations du
Président de la République qui annonce, sans honte, la fin de l'impôt
sur les grandes fortunes (ISF). Les plus riches peuvent être rassurés,
le gouvernement continue d'être aux petits soins pour eux.
Encore une fois, Nicolas Sarkozy s'est invité dans nos téléviseurs pour une opération de pure communication. Près de deux heures d'antenne pour un tour de passe-passe
: tenter de nous convaincre que ses vieilles recettes ont le goût du
neuf. Son tour a raté encore une fois. Le Président a creusé un peu plus
le fossé entre ses paroles d'une part, les attentes populaires et les
exigences du mouvement social d'autre part. Il y a urgence que la gauche
soit à la hauteur, et qu'elle avance de véritables propositions de
justice, d'égalité et de liberté pour répondre à la crise du
capitalisme.
SARKOZY, BONIMENTEUR
Certains
notent son changement de style – encore une fois. Mais, derrière
l'opération de com, se révèle un homme qui confond pédagogie et
auto-satisfaction, un homme qui méprise et ignore ses concitoyennes et ses concitoyens, leurs souffrances comme leurs luttes.
Pas
un mot des difficultés dans lesquelles se débattent les personnes, les
immigrés sont encore les boucs-émissaires et les millions de
manifestants contre sa réforme des retraites n'ont pas existé.
Mieux, il se vante d'avoir supprimé 135 000 emplois publics, d'avoir eu le courage de mettre fin à la retraite à 60 ans. Et quand il parle d'avenir on frémit.
Il aborde le grave problème de la dépendance et, tout de suite ,on voit
accourir les assurances privées. Il propose de protéger les licenciés
économiques mais pour les contraindre à accepter le premier emploi ou
stage proposé. Il propose d'abandonner, enfin, le bouclier fiscal qui coûte 600 millions mais aussi l'Impôt sur la fortune (ISF) qui rapporte prés de 4 milliards, encore un nouveau cadeau à ses amis de la bande du Fouquet's.Nicolas Sarkozy méprise le peuple. Il n'a qu'un seul objectif, servir les puissances de l'argent.
CE QUE DEVRAIT FAIRE LA GAUCHE
Toute
la gauche critique l'intervention du chef de l'Etat. Mais la critique
ne suffit pas. Ségolène Royal tend la main à Borloo et aux centristes !
Daniel Cohn-Bendit parle de « rassembler au-delà de la gauche ».
Comment penser des propositions vraiment à gauche avec ceux-là même qui,
dans le gouvernement de Sarkozy, ont inventé, mis en oeuvre et
cautionné toutes les pires mesures, des lois sécuritaires à la fin de la
retraite à 60 ans ? La
politique, ce ne devrait pas être des pions qu'on déplace pour prendre
ou garder le pouvoir. C'est le courage de s'affronter à tous ceux qui
font obstacle au progrès social et au partage des richesses. C'est
proposer et mettre au débat public les solutions pour résoudre les
problèmes.
SANS VOUS, RIEN NE SE FERA
Il
faut résister, dès maintenant mettre ce pouvoir en échec et préparer la
défaite de Sarkozy en 2012. Mais pas pour recommencer avec les logiques
libérales, qu'elles viennent du FMI, de la commission européenne ou du
MEDEF. Elles ont conduit chaque fois la gauche dans le mur. Comment faire ? Si vous ne voulez pas une nouvelle fois être déçus, à chacun de faire entendre son idée de ce que la gauche devra faire.
C'est le sens de l'initiative prise par le Parti communiste avec le
Front de Gauche : lancer un grand débat dans tout le pays pour énoncer
ensemble les grandes réformes dont la France a besoin, construire un
programme populaire et partagé que les candidats porteront dans les
élections de 2012. ____________________________________________________
Une nouvelle fin de non recevoir aux attentes populaires
Avec
l'annonce du gouvernement Fillon, la surprise est qu'il n'y en a pas,
sauf quelques mauvaises, comme l'arrivée des « aboyeurs » de l'UMP et de
l'Elysée, Frédéric Lefebvre,
Pierre Lellouche ou Thierry Mariani , probablement récompensés pour les
outrances répétées. Pour le reste, rien, à part le revenant Alain
Juppé. On prend les mêmes et on recommence. Il s'agit d'un gouvernement
UMP de combat, resserré autour de son chef en vue des échéances de 2012.
L'ouverture,
autrefois portée aux nues par le Chef de l'État, a définitivement vécu.
Quant aux centristes, on va sans nul doute assister, avec les départs
de Jean-Louis Borloo et Hervé Morin, à la tentative de les recycler en
opposants de pacotille, histoire de faire oublier leurs soutiens zélés à
toutes les réformes sarkozystes.
Le
pays est prévenu. C'est une nouvelle fin de non recevoir aux attentes
populaires. La mise en scène de ce faux remaniement signe une nouvelle
fois le mépris dans lequel Nicolas Sarkozy tient nos concitoyens. Il n'y
a aucune illusion à se faire. C'est un gouvernement affaibli et
agressif. A ce pouvoir décidément sourd, qui n'a que faire du quotidien
des Français, la mobilisation sociale du 23 novembre qui se prépare
devra servir très vite de rappel utile.
Comment un président de la République parlant de « l'intérêt
général » peut-il, dans un pays où huit millions de salariés gagnent
moins de 950 euros par mois, ne pas en dire un mot en 90 minutes de
télé ? Comment est-il possible qu'aucun des trois journalistes présents
ne l'ait interrogé à ce propos alors que les chiffres de l'Insee sur
l'emploi et les salaires venaient d'être publiés. Et, tandis qu'hier
matin, les commentaires tournaient rond et en rond sur le changement de
style du président, on retenait l'annonce de la suppression de l'impôt
sur la fortune. Voilà le grand chantier de Nicolas Sarkozy, si l'on
met de côté le numéro de démagogie sur la dépendance quand la santé va
de plus en plus mal : la réforme de la fiscalité. Pour une fiscalité
plus juste ? Non point, mais pour les plus riches, encore les plus
riches. Car l'éventuelle suppression du bouclier fiscal ne peut faire
illusion. C'est un tour de passe-passe, un jeu de Bonneteau où gagnent
toujours les mêmes.
950 euros par mois. Les femmes, les femmes seules, les jeunes sont
les premières victimes de ces bas salaires. Ils sont le plus frappés
par les hausses de prix dont celles des loyers. Le logement représente
27 % du budget de l'ensemble des ménages, 39 % du budget des plus
modestes. Mais c'est pour la masse des salariés que la question des
salaires est posée avec toujours plus d'acuité. Au point que dans nombre
d'entreprises les directions des « ressources humaines » mettent en
garde. Il y a péril en la demeure. Et certains de penser que la bataille
sur les retraites pourrait trouver des prolongements dans les
revendications salariales. Ce ne serait pas un transfert des
mécontentements. Patronat et gouvernement se sont entendus pour geler
pratiquement les rémunérations. Les augmentations ont été en moyenne
de 3,5 % par an pendant trente ans, mais les deux dernières années ont
marqué un sérieux coup d'arrêt. Même chose l'an prochain au train où
vont les choses. Sauf que ce train peut changer de rythme. Dans nombre
d'entreprises, des mouvements sont en cours. D'autres ont déjà obtenu
des succès significatifs et l'on peut citer, avec l'ironie qui convient,
ce commentaire dans la Tribune du vice-président de l'association
nationale des DRH : « Je suis frappé par le retour des augmentations
collectives dans les entreprises, qui touchent également les cadres.
Dans le même temps, les DRH favorisent l'individualisation, y compris
chez les non-cadres. Il faut des rémunérations individuelles car elles
sont un élément de motivation et de reconnaissance. » Bien sûr…
Une autre politique des salaires est possible. Les administrateurs
des grands groupes n'en doutent pas d'ailleurs, qui se sont versé 16 %
de plus en 2009. Faites comme je dis… la suite est connue. Plus
profondément la bonne santé des entreprises est avérée, saluée par la
presse économique. Plus 12 % de croissance pour celles du CAC 40. Dans
l'automobile, aidée il y a dix-huit mois comme on le sait, Michelin
affiche une hausse de son chiffre d'affaires de 23,9 %, PSA de 10,28 %,
Renault de 5,7 %, mais au-dessus du marché mondial qui grimpe de 4,6 %.
Une autre politique des salaires est aussi nécessaire. C'est un levier
pour une croissance saine, décourageant la spéculation financière,
favorisant une vraie reprise. C'est le contraire que veut Nicolas
Sarkozy avec son gouvernement de « professionnels aguerris », comme
l'écrivait étienne Mougeotte hier dans le Figaro. Professionnels, ça
oui, de la droite.
Dans nombre d'entreprises les directions des « ressources humaines » mettent en garde. Il y a péril en la demeure.
Marion Guenot Secrétaire Nationale de l'Union des Étudiants Communistes
Dans son discours lors de la commémoration du 11 novembre,
Nicolas Sarkozy s'emploie à enrôler à sa cause réactionnaire les jeunes
héros de la résistances, étudiants et lycéens communistes, qui étaient
des milliers à oser défier les nazis sur les champs élysées. On frise la
crise cardiaque en apprenant que Sarkozy veut se les approprier !
Nicolas Sarkozy connaît-il seulement les valeurs des jeunes entrés en
résistance ?
Suzanne Djian, François Lescure, Francis Cohen et Léon Lavallée et
tant d'autres ont combattu contre l'autoritarisme brutal et pour la
liberté, Nicolas Sarkozy multiplie les coups de force au parlement et
attaque toutes nos libertés, individuelles et collectives (droit de
grève combattu dans plusieurs professions avec la mise en place de
réquisitions). Ces étudiants communistes ont refusé le racisme et promu
la solidarité ; le gouvernement stigmatise les immigrés (jusque dans
l'abjecte loi Besson) et attise les divisions des travailleurs qu'il
crée artificiellement (public contre privé, Français contre étrangers,
jeunes contre vieux…). Les étudiants communistes ont voulu un monde de
progrès et de justice sociale ; l'UMP casse tous ses rêves et ses
conquêtes avec acharnement et méthode.
Et ce serait l'UMP la gardienne des valeurs de la résistance !
Comment Nicolas Sarkozy ose-t-il s'en emparer quand tant des nôtres sont
morts pour que vive cette France du programme du CNR, cette France qui a
créé notre système de retraites que hait tellement ce sinistre
gouvernement ? De plus, la filiation revendiquée envers De Gaulle est
absurde et incohérente avec la politique extérieure de ce gouvernement,
notamment au sujet de l'OTAN.
Après Guy Môquet, il semblerait que le président et son
gouvernement aient à cœur de récupérer des martyrs et les faire marcher à
contre-sens de toute leur vie ! En tant que secrétaire nationale de
l'UEC, je leur interdis de brandir la noble figure de ces étudiants pour
servir les intérêts de la bande du Fouquet's qu'ils ont tant combattu.
Ces étudiants voulaient poursuivre le combat de ceux qui les ont
précédés, pour le pain, la paix, la liberté, lorsqu'ils ont lancé un
paquet de tracts du haut d'un amphi, à la Sorbonne, invitant les
étudiants à les rejoindre.
Ils étaient des milliers à faire valoir leurs idées, lorsqu'ils
décident d'aller manifester devant la tombe du Soldat inconnu,
conscients du dangers lorsque les nazis ont arrêté 150 d'entre eux ; ou
quand François Lescure, secrétaire parisien de l'UEC et organisateur de
la manifestation du 11 novembre est arrêté et torturé, au moment où il
s'apprêtait à quitter la France pour rejoindre le gouvernement
provisoire de De Gaulle, à Alger, où il devait représenter les étudiants
communistes. Les Allemands le laisseront pour mort, les reins brisés,
mais il réussira quand même à s'échapper.
C'est ce symbole, c'est cette mémoire, ce sont ces vies que
Nicolas Sarkozy a instrumentalisés le 11 novembre. Il tente d'enrôler
ces hommes, dans leur conception d'une nation de dominations, d'une
nation du repli sur soi. En 2007, Sarkozy décide de faire lire la lettre
de Guy aux lycéens ; en 2008 il tente d'imposer le fichier Edvige pour
consigner et dresser des listes des « personnes susceptibles de porter
atteinte à l'ordre public » par leur engagement ou leur appartenance
politique, syndicale ou associative. Il tentait de faire oublier qu'il
avait été arrêté par la police française parce qu'il diffusait un tract
comme des centaines, des milliers d'autres jeunes en France. Il a été
désigné par le ministre de l'Intérieur français de l'époque pour être
livré aux nazis, parce qu'il était jeune communiste. La droite vide tout
le contenu du message de la Résistance en instrumentalisant la mémoire
de ces étudiants !
N'en déplaise à certains, résister, ce n'est pas seulement
s'arc-bouter sur l'existant. Résister aujourd'hui, ce n'est pas avoir un
boulot à n'importe quel prix. C'est avoir un travail qui permette de se
construire, de voir l'avenir, de faire des projets. C'est aussi faire
avancer un monde de co-développement où les peuples se croisent et
avancent ensemble, où les droits politiques, économiques et sociaux des
individus progressent de Vancouver à Calcutta, d'Oslo à Johannesbourg.
Résister, c'est refuser l'avenir qu'on nous prépare fait d'injustices,
d'inégalités et de précarité généralisée. Faire vivre la Résistance
aujourd'hui, ce n'est pas courber l'échine face au recul de civilisation
que vous orchestrez. Ce n'est pas s'emparer de la mémoire des
résistants pour bafouer les valeurs qui étaient les leurs. On a sans
doute raison de penser qu'en 2010 les étudiants de France s'appellent
toujours résistants ; c'est bien pour ça qu'ils sont toujours plus dans
la rue, chaque jour davantage mobilisés pour défendre leur avenir ! Blog Nicolas Maury
Encore une fois, Nicolas Sarkozy s'est invité dans nos téléviseurs pour une opération de
pure communication. Près de deux heures d'antenne pour un tour de passe-passe : tenter
de nous convaincre que ses vieilles recettes ont le goût du neuf. Son tour a raté encore une
fois. Le Président a creusé un peu plus le fossé entre ses paroles d'une part, les attentes
populaires et les exigences du mouvement social d'autre part. Il y a urgence que la
gauche soit à la hauteur, et qu'elle avance de véritables propositions de justice, d'égalité
et de liberté pour répondre à la crise du capitalisme.
Faisant suite à une mise en scène aussi longue
que méprisante pour la population, le « nouveau Premier Ministre » a
désigné Xavier Bertrand, Ministre du travail de l'emploi et de la Santé
alors que Roselyne Bachelot récupère les Solidarités et la Cohésion
sociale.
Après avoir dépecé l'hôpital public, les
services déconcentrés du Ministère de la santé et imposé un recul
démocratique considérable dans la santé, Roselyne Bachelot prend en
charge le dossier de la dépendance. Le pire est à craindre de cette
ancienne collaboratrice des groupes pharmaceutiques qui veillera, à n'en
pas douter, aux intérêts du MEDEF dans le dossier du financement de la
dépendance.
Il est parfaitement ahurissant que la santé soit reléguée au rang de
Secrétariat d'État alors que c'est une des toutes premières
préoccupations des Français-e-s.
Nora Berra occupera ce poste déqualifié. Médecin aux Hospices Civils
de Lyon tout en étant médecin au sein de trois des principaux groupes
pharmaceutiques, la nouvelle Secrétaire d'État continuera de cultiver le
conflit d'intérêt, qui reste la marque de fabrique des gouvernements de
l'ère Sarkozy.
Il n'y a rien de bon à attendre de cette « nouvelle » équipe. La santé et la protection sociale sont en danger.
Le PCF dénonce la mise à l'index de la Santé et appelle à la
mobilisation et à l'intervention de tous les professionnels, personnels
et usagers pour préserver ce bien précieux pour la population.
Si j'ai le droit de dire, en français aujourd'hui, Ma peine et mon espoir, ma colère et ma joie Si rien ne s'est voilé, définitivement, De notre rêve immense et de notre sagesse
C'est que ces étrangers, comme on les nomme encore, Croyaient à la justice, ici-bas, et concrète, Ils avaient dans leur sang le sang de leurs semblables ces étrangers savaient quelle était leur patrie.
La liberté d'un peuple Oriente tous les peuples Un innocent aux fers enchaîne tous les hommes et, qui ne se refuse à son cœur, sait sa loi. Il faut vaincre le gouffre Et vaincre la vermine.
Ces étrangers d'ici Qui choisirent le feu Leurs portraits sur les murs Sont vivants pour toujours. Un soleil de mémoire Eclaire leur beauté. Ils ont tué pour vivre, Ils ont crié vengeance.
Leur vie tuait la mort Au cœur d'un miroir fixe Le seul vœu de justice A pour écho la vie Et, lorsqu'on n'entendra Que cette voix sur terre Lorsqu'on ne tuera plus Ils seront bien vengés ;
Et ce sera justice.
Paul ELUARD Cinq ans après
67
ans après le Parti communiste Français avait tenu a rendre hommage
aussi en organisant une cérémonie à Evry devant la plaque commémorative
rappelant l'arrestation du groupe Manouchian en 1943.
A l'appel du PCF, mille personnes
s'étaient donné rendez-vous lundi 8 novembre au Gymnase Japy, dans le
11ème arrondissement de Paris.
Une soirée de lutte et d'échanges
autour des propositions alternatives portées par le PCF qui témoignait
de la combattivité intacte des militants présents. Deux jours après la
huitième mobilisation nationale contre la réforme des retraites, le
moment était d'importance. Il s'agissait aussi de faire le point sur le
débat à gauche, les prochaines échéances politiques et sociales, pointer
l'importance du développement du Front de Gauche et du PCF et de tracer
des perspectives politiques face à une droite toujours aussi déterminée
à multiplier les mauvais coups.
Nous reproduisons le discours de Pierre Laurent, secrétaire national
du PCF, qui a conclu la parole où successivement, Pierrick Annoot,
secrétaire générale de la JC, Elianne Assassi, sénatrice, Marie-George
Buffet et André Chassaigne, députés, sont intervenus.
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Mesdames et Messieurs, Cher-e-s ami-e-s et cher-e-s camarades,
Nous tenons ce meeting dans un moment exceptionnel. Samedi, c'est
encore plus d'1,2 million de personnes qui manifestaient dans le pays
contre la réforme des retraites, sans compter les milliers de femmes
venues défiler à Paris pour les droits des femmes et singulièrement le
droit à l'avortement aujourd'hui gravement remis en cause. Oui, la
mobilisation n'est pas terminée ! Oui la colère est plus grande que
jamais contre un pouvoir qui méprise à ce point les salariés de notre
pays !
Le gouvernement peut bien pérorer. C'est un très haut niveau de
mobilisation et de combativité qui persiste, après des semaines d'une
exceptionnelle intensité. Nous vivons un de ces mouvements sociaux, une
de ces mobilisations citoyennes, dont notre peuple a le secret et qui
marqueront, après d'autres - 1995 ou 2005 et le TCE pour ne citer que
les plus récentes - l'histoire de notre pays.
Le gouvernement continue sa chanson sur l'essoufflement, l'échec, la
fin du mouvement. Il a fait voter sa loi, non sans mal, et après avoir
été obligé de mettre au pas les deux Assemblées, pourtant dominées par
des majorités honteusement serviles, et le voilà qui veut nous faire
croire qu'il a gagné la bataille.
Eh bien, nous affirmons ici le contraire : Nicolas Sarkozy et son
gouvernement ont fait voter la loi, mais le président de la République
vient de perdre sa première grande bataille politique depuis 2007. Et
quoi que nous chantent les bla-bla gouvernementaux, cela change tout
pour la suite !
C'est clair et net, la bataille des retraites n'est pas terminée.
L'intersyndicale vient de décider une nouvelle journée d'action entre le
22 et le 26 novembre. De multiples actions sont prises dans de
nombreuses corporations. Des grèves continuent et il faut saluer le
courage de ceux qui les conduisent. Quelle que soit l'issue de la
bataille engagée, le peuple français restera durablement marqué par les
évènements que nous vivons en ce moment.
Trois convictions majeures nous ont rassemblé et rassemblent une
majorité de nos concitoyennes et de nos concitoyens au cours de cette
bataille.
La première est très claire : nous, salariés de toutes conditions et
jeunes en formation de ce pays, nous ne voulons pas vivre les décennies à
venir sous le régime injuste que nous impose cette loi. Nous nous
battrons jusqu'à sa remise en cause, parce que ce n'est pas la vie que
nous voulons. Le vote de la loi ne tourne pas la page. Ce combat est
plus que jamais devant nous. Et, que les choses soient claires, ce
message s'adresse à tous les gouvernements à venir, quels qu'ils soient.
Qu'aucun d'entre eux ne mise sur la résignation en la matière. Tout
simplement parce qu'il en va d'une question essentielle pour la vie de
notre peuple, pour l'avenir de la jeunesse du pays.
Nous ne voulons pas être contraint d'attendre de toucher une
retraite, souvent de misère, jusqu'à 62, 65 ou 67 ans quand 40% des
salariés qui partent aujourd'hui à 60 ans ne sont déjà plus en situation
d'emploi mais exclus du travail. Nous ne voulons pas laisser voler les
plus belles années de retraite à des ouvriers épuisés, victimes de
maladies professionnelles mal reconnues, à des employés ou des cadres
minés par le stress. Nous ne voulons pas laisser les femmes subir tout
au long de leur vie professionnelle la précarité, le temps partiel, les
bas salaires, pour s'entendre dire à 60 ans, il faut continuer à ce
régime là deux, cinq ou sept ans de plus, et tout ça pour une pension
indigne d'une vie au XXIème siècle. Nous ne voulons pas priver les
jeunes d'un million d'emplois quand leur accès au marché du travail
serait au contraire une des clés d'une réforme juste et solidaire des
retraites.
Oui, nous ne voulons pas de tout cela, et nous nous battrons jusqu'au
bout ! Cette réforme ne doit pas s'appliquer. C'est maintenant notre
combat.
Une seconde conviction s'est imposée avec clarté. Ce pouvoir est
indigne, il a décidément tourné le dos à toute légitimité populaire, et
n'a qu'une boussole, les intérêts de l'oligarchie financière. Pour faire
adopter cette loi, il a tout bafoué : bafouée la négociation avec les
syndicats qui n'a jamais existé ; bafouée la voix du peuple qu'il n'a
jamais voulu écouter, niant l'évidente opposition majoritaire du pays,
méprisant les manifestants, stigmatisant et réprimant les grévistes,
manipulant jusqu'au ridicule les chiffres pour nier l'importance des
mobilisations ; bafouée la jeunesse, qu'il a cherché à infantiliser,
niant son droit au débat et à la libre expression, puis a provoqué,
infiltrant la police dans ses rangs, en utilisant des méthodes de
voyous ; bafoué le Parlement, dont la conduite des débats a été régenté
par l'Elysée au mépris de la Constitution, réduisant les parlementaires
de sa majorité à des applicateurs zélés et serviles de la moindre de ses
directives ; au fond bafoués tous les principes démocratiques et les
valeurs républicaines de notre pays, valeurs désormais régulièrement
mises à mal depuis que le gouvernement s'est engagé pour détourner la
colère populaire sur la voie haineuse de la xénophobie d'État.
Eh bien, ce n'est pas comme cela que notre pays entend être gouverné.
Ce n'est pas cette France dénaturée dans laquelle nous nous
reconnaissons. Nous ne sommes pas une république bananière dans laquelle
l'élection du Président de la République peut devenir un blanc-seing
assimilé au vote des pouvoirs spéciaux dont le président pourrait user
sans limite hors de tout contrôle démocratique.
Oui, en adoptant la loi contre la majorité populaire, contre toutes
les organisations syndicales, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont
signé leur illégitimité. Au nom de la souveraineté démocratique, ils
sont condamnables et condamnés.
La troisième conviction s'est lue sur bien des pancartes, a été
entendue dans bien des témoignages, elle résume la portée du mouvement :
« de cette société là, nous ne voulons pas ! ».
La bataille sur les retraites a cristallisé le rejet de choix
politiques qui, en tous domaines, visent à faire payer la crise
financière capitaliste aux salariés. Ces choix nous conduisent tous, et
la société avec, dans de très graves impasses, dans des crises
décuplées, dans une régression générale et continue.
La crise est bel et bien là. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Notre
pays compte désormais très officiellement 4 millions de chômeurs. Parmi
eux, plus de 725.000 séniors et 750.000 jeunes : que dire d'une société
qui réserve pour seul sort aux plus âgés et aux plus jeunes la
souffrance du chômage ? Elle est malade et cette maladie a un nom : le
cancer généralisée de la finance. La sueur des uns fait le profit des
autres. Les entreprises du CAC 40 affichent 47 milliards de profit pour
la seule année 2009. C'est plus que le besoin de financement de la
sécurité sociale. Et si l'on en croit les Échos du 21 octobre, les dix
premiers groupes du CAC 40 sont assis sur un matelas de trésorerie de
145 milliards d'euros ! Quant aux banques, elles annoncent à nouveau des
profits faramineux. Où est la morale d'un tel système qui fait sa
fortune en rackettant le travail et la création de richesses ?
Les luttes actuelles montrent que des millions de salariés ont pris
conscience de cette crise et de la nécessité d'en sortir autrement
qu'avec les recettes capitalistes. Au delà de l'enjeu du droit à la
retraite, ce mouvement porte de très grandes exigences populaires en
matière d'emploi, de salaire et de pouvoir d'achat et, plus profondément
encore, il porte la question essentielle du travail et de sa finalité.
Je pense aux sous-traitants et intérimaires de l'aéroport de Roissy, à
nouveau mobilisés jeudi dernier, à ces bagagistes qui souffrent au
travail et vivent comme une insupportable provocation le recul de l'âge
légal de départ en retraite ; ou encore aux agents de Pôle Emploi qui
seront demain mobilisés pour exiger le retrait du plan de suppression de
1800 postes, dénoncer leurs conditions de travail et donc les
conditions d'accueil de millions de chômeurs dans ces structures.
Sauf à vouloir remplacer la société par le chaos, il est temps
d'administrer à ce système capitaliste un traitement de choc. Il est de
notre responsabilité pour cela d'inventer ensemble un nouvelle
civilisation, une civilisation de toute l'humanité, fondée sur la
maîtrise et le dépassement des marchés, sur des nouveaux pouvoirs pour
les citoyens, les travailleurs et indissociablement sur une autre
culture, une nouvelle éthique, de nouvelles valeurs de partage, de
respect de la créativité de chacun.
Soyons confiants dans notre capacité à atteindre cette ambition. Le
désarroi de la droite se fait chaque jour un peu plus sentir. Il
s'entend et se lit. Il y a ces derniers temps, à droite, une petite
musique savoureuse que j'aimerais partager avec vous. Claude Bébéar s'en
est récemment fait l'interprète dans une interview au Monde. A la
question « Comprenez-vous la résistance des Français à la réforme des
retraites ? », le président d'honneur d'AXA a répondu ces quatre mots
lourds de sens : « A vrai dire non. » Cette musique, loin des discours
officiels, nombreux sont ceux à l'UMP qui ose l'avouer : « ils ne
comprennent pas ! ». Ils ne comprennent pas comment, alors que la
propagande étatique fonctionnait à plein régime, alors que le calendrier
avait été soigneusement déterminé, comment une telle mobilisation a été
possible.
Et pour cause ! Depuis 2007, ils pensaient que tout était réglé :
leur politique était, disaient-ils, ultra-populaire ; les syndicats
étaient devenus « responsables » ; et vous vous souvenez toutes et tous
de cette phrase de Nicolas Sarkozy lui-même : « Désormais, quand il y a
une grève en France, personne ne s'en aperçoit ». C'est d'ailleurs
probablement cette même arrogance qui a fait confondre à Jean-Louis
Borloo, 300 et 3000 stations-services à sec en pleine grève des
raffineries.
Mais la crise financière et la réponse des gouvernants à cette crise
ont mis fin à cet enfumage. Et le mouvement actuel a bel et bien été à
la hauteur de l'attaque sans précédent lancé à la faveur de cette crise
contre le monde du travail.
Voilà, mes amis, ce qui vient de changer. Et vous le mesurez, ce
n'est pas rien. Nous venons d'entrer dans une nouvelle phase de
l'affrontement contre ce pouvoir, avec des atouts nouveaux. Nicolas
Sarkozy voulait faire de la retraite sa bataille essentielle. Nous
avions décidé de relever le défi en décidant lors de notre congrès de
faire de cette bataille un axe majeur de notre action. Nous pouvons être
fiers de la bataille menée. Oui, nous sortons plus forts des semaines
écoulées, Nicolas Sarkozy et les siens plus affaiblis.
Avant de vous dire encore un mot sur l'avenir et les tâches
politiques essentielles qui nous attendent, permettez-moi de saluer
notre peuple qui une fois encore a montré son extraordinaire capacité de
résistance. Aux heures les plus fortes de la mobilisation, nous avons
tous ressenti ce que nous ressentions en militant pour le non au TCE en
2005 : la formidable intelligence d'un peuple face à un pouvoir se
servant de tous les artifices pour le diviser et le faire plier ; la
combattivité de millions de femmes et d'hommes qui n'est conquise que
dans la conviction de se battre pour la justice sociale ; et, aussi,
cette envie de liberté, d'égalité et de fraternité, cette envie de faire
vivre et de reconquérir les valeurs de notre République, de les faire
entrer dans le XXIème siècle quand tant de bons apôtres du capitalisme
mondialisé nous expliquent que la modernité serait d'y renoncer.
Je veux aussi ce soir saluer le travail exceptionnel des
organisations syndicales. Jour après jour, elles ont multiplié les
initiatives pour informer les travailleurs de la nature régressive du
projet gouvernemental. Depuis des mois, elles sont restées unies sans ne
jamais rien céder au gouvernement qui fasse reculer les droits des
salarié-es. Et, aujourd'hui, des millions de salariés affirment ensemble
leur volonté de maintenir le droit à la retraite à 60 ans et se
mobilisent pour le garantir. Bravo à elles pour leur lucidité et leur
détermination. Je peux vous dire, moi qui vient de me rendre, pour
préparer le prochain congrès du PGE les 4 et 5 décembre à Paris, à
Madrid, Rome, Athènes et Hanovre, que l'Europe entière admire et regarde
ce qui se passe dans notre pays.
Je veux enfin redire ici l'importance du travail des parlementaires
communistes, de l'ensemble des deux groupes dans leur diversité. Le
projet de loi qu'ils ont élaboré et porté a donné une perspective
politique crédible à la mobilisation en montrant, proposition contre
proposition, qu'une autre réforme était et demeure possible. Leur grande
ténacité dans le débat parlementaire a donné un formidable écho aux
revendications des salariés. Nous pouvons être fiers d'eux. Le peuple a
besoin de tels élus et ils ont montré ce que le peuple est en droit
d'attendre de la gauche.
Car, c'est l'autre question dont je veux vous parler ce soir. La
gauche doit maintenant prendre la mesure de la puissance de l'exigence
populaire qui vient de gagner le pays. Et elle doit se mettre à la
hauteur. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : le risque est grand
qu'elle ne le fasse pas. Et c'est exactement ce que pensent les gens
qui expriment dans plusieurs sondages parus ces jours ci tout à la fois
leur envie de gauche et leur scepticisme sur la gauche.
Les Français ont raison. Aujourd'hui, le fossé existe. Le décalage
est réel. Mais, nous, mes camarades, nous ne sommes pas là pour
constater cette situation, pour pleurnicher, même avec les larmes de la
colère, sur l'état du problème. Nous sommes pour là pour changer cette
situation, pour construire avec notre peuple le projet collectif de
changement auquel il aspire, pour ouvrir avec lui le chemin d'espoir qui
lui ouvrira la porte. Et je l'ai dit, ce qui vient de se passer nous
donne de nouveaux atouts pour y parvenir.
Que propose-t-on pour le moment à notre peuple pour résoudre ce problème et répondre à ces attentes ?
A droite, on nous propose un remaniement ! La belle affaire ! Le
petit jeu de Nicolas Sarkozy, qui dure maintenant depuis des mois, à
jouer, comme le disait Marie-George, avec les prétendants de son camp à
tel ou tel poste, est, dans la période, tout simplement indécent. Je le
dis clairement ce soir : il n'y a rien à attendre du remaniement, rien,
absolument rien. Ils vont changer l'ordre de la photo gouvernementale.
Et, de toute façon, dans la monarchie UMP, Nicolas Sarkozy décide tout
et tout seul. Alors que l'on ne compte pas sur nous pour commenter ce
nouveau casting. Le remaniement, on s'en fout et ça n'intéresse pas les
Français.
Au Parti socialiste, on nous parle élection présidentielle, et c'est
effectivement une échéance importante. Au lendemain de la journée de
mobilisation du 26 octobre, Ségolène Royal - qui parlait un peu vite de
« défaite », merci pour ceux qui luttent - déclarait que la réforme des
retraites ne constituait pas « une défaite définitive » et était
réversible en cas de victoire de la gauche à la présidentielle de 2012.
Certes, aucune loi n'est éternelle. Celle-ci pourra donc être changée.
Mais le problème, c'est sur quelle base ?
François Hollande, déclarait cette semaine dans une interview : « Il
est évident que l'allongement de l'espérance de vie conduira à un
allongement progressif de la durée de cotisation. …
Au nom de quoi empêcher un salarié qui n'a pas forcément tous ses
trimestres de liquider sa pension plus tôt, quitte à subir une décote ?
C'est quand même un choix de vie ! » Fin de citation.
Eva Joly n'est pas en reste quand elle déclare : « L'attention a été
trop centrée sur l'aspect faussement bon sens et comptable de la
réforme. L'argument qui consiste à dire nous vivons plus longtemps donc
il faut travailler plus est superficiel. Il faut poser la question : qui
travaillera plus longtemps ? ». Permettez-moi, là encore, de ne pas
être très rassuré quant aux résultats produits par une réforme des
retraites qui partirait de la question « qui travaillera plus
longtemps ? ».
Eh bien, nous, nous ne prenons pas le débat de cette manière. Nous en
avons assez de cette gauche de la défaite qui n'a que « le réalisme de
la contrainte financière » à la bouche comme si les dogmes de la gestion
capitaliste et du FMI étaient devenus incontournables. Ce sont ces
dogmes qui nous ont conduit à la crise. Je le dis aux responsables du
Parti socialiste et d'Europe Ecologie : si la gauche revient au pouvoir,
elle aura la responsabilité principale de répondre à une question,
« qui doit payer : le capital ou les salariés ? ». Eh bien, si la
réponse de cette gauche, c'est encore les salariés, ce sera sans nous !
Mais j'en suis sûr, ce n'est pas ce que veulent les femmes et les
hommes de gauche de ce pays. Et, je préfère parler de potentiel et pas
de contrainte. Comme du potentiel fiscal des hauts revenus ou des
revenus du capital par exemple. Je suis d'ailleurs tombé sur une
nouvelle niche fiscale la semaine dernière. Elle s'appelle la niche
Copé. C'est une niche qui permet aux sociétés d'être exonérées d'impôt
sur les plus-values liées à la cession d'une filiale possédée depuis au
moins 2 ans. Ça paraît technique comme ça mais je vous garantis que
c'est très efficace pour les grands groupes. Ça l'est nettement moins
pour les finances de l'État qui a perdu avec ce dispositif, pour la
seule année 2008, plus de 12 milliards de recettes. C'est 20 fois le
coût du bouclier fiscal la même année ! C'est formidable, non, la niche
Copé ?
Il nous est parvenu la semaine dernière
plusieurs éléments qui démontrent encore plus les choix antisociaux du
pouvoir de droite au seul service de la finance.
L’association de consommateurs UFC/Que
choisir, révélait que les banques ajoutent des frais bancaires aux frais
bancaires. Ceux-ci frappent en général les foyers les plus modestes.
Ainsi, les frais liés aux découverts bancaires ont augmenté de 26%. Au
total, le système des tarifs pour utiliser la banque, c’est-à-dire pour
réutiliser votre argent, celui que vous avez gagné, représente une
ponction de 15 milliards d’euros sur les comptes des « clients ».
Presque au même moment on apprenait que
le Parlement débat d’une proposition de loi gouvernementale prétendument
pour « la régularisation financière ». Dans ce texte, un petit alinéa
discret tente de légaliser le mécanisme qui a provoqué le 7 août 2008 la
crise bancaire mondiale actuelle, ce que l’on appelle la
« tritisation », c’est-à-dire la possibilité pour les banques de sortir
les prêts immobiliers de leur bilan, pour les loger dans des
portefeuilles spéciaux pour les vendre à des investisseurs. Les créances
sont ainsi transformées en titre financier. Ce qui a aussi été appelé
« crédits toxiques ».
Ceci revient à réactiver un projet de M.
Sarkozy, ce qu’il appelait : la « recharge hypothécaire », c’est-à-dire
la possibilité donnée à un individu ou un foyer d’emprunter, non pas
sur sa capacité à rembourser mais sur la valeur supposée de son bien.
C’est ce qui s’est passé aux Etats-Unis. Enivrés par la bulle
immobilière des foyers nord-américains ont cru pouvoir toujours
emprunter plus, s’endetter jusqu’au jour où les banques les ont mis à la
rue et ont volé leur maison.
Autre nouvelle, le 3 juin dernier, le
journal économique « Les Echos » qui défend la cause patronale, révélait
que le cadeau fait aux entreprises, lié à la suppression de la taxe
professionnelle était de près de deux milliards supérieur à ce qui était
prévu.
Pendant ce temps, les collectivités
locales ont moins d’argent et sont donc contraintes, soit de réduire
leurs services ou d’augmenter les impôts locaux. Le pouvoir et ses
affidés, continuent de verser de grosses larmes de crocodiles sur les
déficits et la dette de l’Etat, pour serrer la vis aux familles
modestes. Surtout, cela sert à préparer des augmentations d’impôts ou de
la contribution sociale généralisée.
Doux avec les puissants. Dur avec les
faibles. Telle st l’orientation du gouvernement de l’ultra-droite
actuelle. Le Premier ministre a laissé entendre qu’il y aurait des
augmentations d’impôts ou de cotisations sociales. Il se cache
maintenant derrière l’idée de supprimer des niches fiscales. Il y aura
un coup de rabot de 10%, proclame le Premier ministre, mais… avec des
exceptions, car il ne faut pas alourdir le coût du travail. Autrement
dit, on ponctionne les plus modestes, mais pas les exonérations de 21,4
milliards d’euros correspondant à l’exonération des cotisations sociales
des grandes entreprises, ni cet incroyable cadeaux de plus de 22
milliards d’euros fait aux multinationales exonérées de taxe sur la
plus-value de la vente de leurs actions ou de leurs filiales.
Ceci n’était l’énoncé que de quelques
exemples qui montrent à quel point ce pouvoir est au seul service de
l’argent roi et non du peuple qui souffre de plus en plus.
N’ayons pas peur de réclamer justice et
notre dû, à commencer par le refus du recul de l’âge ouvrant droit à une
bonne retraite.
Le projet de loi Nome, dont l'examen a débuté hier
soir à l'Assemblée, va provoquer une hausse de 11 % des tarifs dès
cette année. L'opposition socialiste et communiste votera contre ce
texte, qui prévoit la mise à disposition d'un quart de la production
nucléaire aux concurrents d'EDF.
Les députés UMP et Nouveau Centre vont-ils donner le
feu vert à une flambée des tarifs réglementés de l'électricité ?
L'examen du projet de loi sur la nouvelle organisation du marché de
l'électricité, auquel s'opposent parlementaires communistes et
socialistes, a débuté hier soir à l'Assemblée nationale. Or, son
adoption définitive, prévue avant la fin de l'année, devrait conduire à
une hausse sans précédent et complètement artificielle de la facture.
Selon les prévisions de la Commission de régulation de l'énergie (CRE),
les tarifs réglementés devraient bondir de 7,1 % à 11,4 % dès cette
année et continuer d'augmenter de 3,1 % à 3, 5 % par an entre 2011
et 2015.
une augmentation artificielle des tarifs
Cette flambée sera la conséquence mécanique de l'obligation faite par
la loi à EDF de mettre à la disposition de ses concurrents 25 % de sa
production nucléaire. Cette disposition vise à permettre à GDF Suez,
Poweo ou encore Direct Énergie de gagner des parts de marché dans la
fourniture d'électricité aux particuliers et aux entreprises. En effet,
malgré le fait que la France a, comme l'exigeait Bruxelles, totalement
ouvert son marché intérieur en 2006, la concurrence reste très
marginale puisque 97 % des Français sont restés fidèles aux tarifs
réglementés. Et pour cause : peu ou pas producteurs d'électricité, les
nouveaux opérateurs ne sont pas en mesure de faire des offres
commerciales compétitives. Pour qu'ils y parviennent, le premier
ministre, François Fillon, a donc décidé de leur donner accès à un
quart de la production nucléaire. Mais « cette spoliation d'un bien de
la nation », comme le dénonce la CGT énergie qui rappelle que les 54
réacteurs nucléaires actuellement en service ont été financés par les
usagers, par le biais de leurs factures, a un prix. Elle va provoquer
un surenchérissement du coût du mégawatt. Alors qu'il est aujourd'hui
de 34 euros, il devrait atteindre 42 euros. Un bond de 25 % que
supporteront les usagers, entreprises comme particuliers. La loi Nome
comporte d'autres dispositions qui suscitent l'opposition du PCF, du PS
et de la CGT. Les tarifs réglementés pour les entreprises seront
purement et simplement supprimés. Ce qui ne sera pas sans conséquences,
dans cette période de crise, pour les entreprises dites
électro-intensives. Pour les particuliers, l'existence des tarifs
réglementés est officiellement garantie, mais la loi va conduire à,
progressivement, réduire leur intérêt pour le consommateur. Désormais,
c'est la CRE qui les fixera, tandis que leur calcul devra intégrer
« une référence au marché » dont les prix sont supérieurs en moyenne
de 40 %.
LA CNR BIENtôt privatisée au profit de GDF SUEZ ?
La loi Nome pourrait être aussi l'occasion pour le gouvernement de
privatiser la Compagnie nationale du Rhône. Cette entreprise qui gère
les aménagements du fleuve et en particulier les barrages
hydroélectriques pourrait passer sous le contrôle total de GDF Suez, qui
en possède déjà 49 %. Un amendement déposé en ce sens a été rejeté en
commission par les parlementaires, mais la CGT comme le PCF craignent
qu'il ne refasse surface au cours de l'examen du texte
L'Union européenne vient de décider de suspendre
son aide au développement à Madagascar en raison de « l'absence de
progrès démocratiques depuis l'arrivée au pouvoir controversé d'Andry
Rajoelina en mars 2009 ». L'aide humanitaire serait maintenue, mais
l'Union européenne va stopper tout appui budgétaire et toute aide au
titre du Fonds Européen de Développement. Le PCF condamne cette décision
consternante et inacceptable.
Le contexte politique, il est
vrai problématique, ne peut justifier cette mesure inique et
irresponsable vis-à-vis d'un pays qui est un des plus pauvres du monde.
C'est la population malgache qui va en payer le prix et la situation à
Madagascar en sera encore plus insoutenable, dans le contexte de crise
aigue qui dure depuis 2008.
On peut d'ailleurs s'interroger sur la cohérence et la
légitimité de la politique de l'Union européenne et de ses Etats
membres, quand on sait que Nicolas Sarkozy a, de son côté, sans
sourciller, accueilli et mis à l'honneur au sommet Afrique-France de
Nice, un certain nombre de Chefs d'Etats africains issus de coup d'Etat
ou d'élections frauduleuses… Cet état de fait illustre une fois encore
les principes à « géométrie variable » d'une politique qui varie en
fonction des intérêts en jeu.
Le PCF exprime sa solidarité avec le peuple malgache
dans cette situation difficile. L'Union européenne et la France doivent
contribuer au développement pour faciliter l'issue aux crises politiques
et les progrès démocratiques.
Le 47e congrès de la CFDT s'ouvre à Tours
(Indre-et-Loire). Entre le premier projet de résolution et celui
présenté au congrès, les militants ont fait réintégrer la revendication
du maintien de l'âge légal de départ en retraite à 60 ans.
La crise a bouleversé la donne économique et
sociale. Elle a aussi fait évoluer les positionnements syndicaux. La
CFDT ouvre aujourd'hui son 47e congrès à Tours, en inscrivant sa
réflexion dans la « continuité ». Le syndicat reste toujours à la
recherche de compromis, mais la priorité donnée à « la réduction des
inégalités » fait bouger le curseur sur ce qui est ou non à ses yeux
« acceptable ». En 2003, la CFDT avait jugé la réforme Fillon des
retraites, basée sur un allongement de la durée de cotisation,
« acceptable ». Elle s'affiche aujourd'hui en « opposition frontale »
avec la réforme en cours. « En décalant l'âge de départ, le gouvernement
accroît les inégalités vis-à-vis des carrières longues, de la
pénibilité et des carrières précaires », a assuré samedi dans un
entretien à Ouest France François Chérèque, secrétaire général de la
confédération, qui sera réélu vendredi pour un dernier mandat.
La CFDT se sait attendue au tournant sur une question qui lui a fait
perdre, après 2003, entre 80 000 et 100 000 adhérents. Et ce d'autant
plus que, parmi les « contreparties » négociées en échange de sa
signature, certaines n'ont jamais vu le jour. Si le dispositif carrières
longues a favorisé le départ en retraite de salariés ayant commencé à
travailler jeunes, celui sur la prise en compte de la pénibilité du
travail pour obtenir des départs anticipés n'est toujours pas en place.
Dans ce contexte, les militants ont déjà remporté une bataille :
rajouter, dans le projet de résolution amendé, une revendication qui
ne figurait pas dans le premier texte : le maintien de l'âge légal de
départ à la retraite à 60 ans. Trois autres débats, cette fois sur des
amendements non intégrés, sont attendus. Plusieurs syndicats proposent
de supprimer un paragraphe sur les « conditions » de l'augmentation de
la durée de cotisation. D'autres refusent de discuter des
« contreparties » qui permettraient « d'unifier les régimes » (privé et
public). Enfin, les 1 500 délégués vont se pencher sur le financement
des retraites, certains proposant de taxer plus franchement les revenus
financiers du capital.
Les manifestations de ce weekend en
Israël appelleront à la paix, à la fin de l'occupation et du siège
de Gaza
Les manifestations de ce weekend en Israël lanceront un appel à
la mise en place d'une enquête internationale, pour que l'on laisse le
« Rachel
Corrie » atteindre Gaza et pour une levée générale du siège – tout
en appelant à mettre un terme à 43 ans d'occupation.
Depuis plusieurs semaines, le mouvement pacifiste en Israël s'organisait
pour marquer, ce 5 juin, le 43ème anniversaire de l'occupation de la Cisjordanie,
de la Bande de Gaza, de Jérusalem-Est
et le Golan. Des manifestations et des rassemblements étaient prévus –
certains en coopération avec des groupes Palestiniens – appelant à
mettre un terme à l'occupation dans le quartier palestinien de Sheikh
Jarrah, à Jérusalem-Ouest – une veille spéciale des Femmes en noir,
et demain samedi, un rassemblement de masse à Tel-Aviv.
Les manifestants appelleront également
le gouvernement à autoriser le navire d'aide humanitaire Irlandais
« Rachel Corrie », actuellement en route dans la mer Méditerranée, à
atteindre le port de Gaza, et plus généralement à lever le siège de
Gaza. Tant que la bande de Gaza sera assiégée, elle restera de facto
sous occupation Israélienne, et l'attaque navale commando sur le navire
d'aide humanitaire Turc a, en réalité, étendu l'occupation de Gaza aux
eaux profondes du large de Gaza.
Un rassemblement à Tel-Aviv demain (Samedi 5 juin), partira à 19h de
la place Rabin (à l'angle de Frischman) et se terminera par un
rassemblement à la Place du Musée à 20h, devant le Ministère de la
Défense. Il est conçu comme une manifestation de masse protestant contre
la dangereuse escalade de la violence régionale provoquée par le
gouvernement Netanyahu-Barak-Liberman, tout en marquant les 43 années
d'occupation. Le mot d'ordre principal devrait être « Le
gouvernement est en train de tous nous noyer – nous devons œuvrer pour
la paix ».
Dans le manifeste du rassemblement, on pouvait lire: « Il est
temps de revenir à la raison et de sauver notre société de la ruine.
Sans une solution de deux États pour deux peuples et de deux capitales à
Jérusalem, l'avenir de l'ensemble de la région est incertain ».
Parmi les organisations soutenant la manifestation, entre autres, le
Parti Communiste d'Israël, le Hadash
(Front Démocratique pour la paix et l'égalité), la Jeunesse
communiste (Banki-Shabiba), Yesh Gvul, les Combattants pour la
paix, Meretz,
les Physiciens pour les Droits de l'Homme, Paix maintenant et Gush
Shalom.
Le
gouvernement envisage de supprimer les jurés populaires
d'assises de première instance. Objectif du ministère de la justice :
désengorger les tribunaux d'assises et réduire les délais d'attente.
Faute de moyens, le gouvernement s'apprête à mettre fin à
ce qui fonde une partie de la citoyenneté française : la possibilité
pour le peuple français de participer à sa propre justice. C'est à un
véritable retour en arrière auquel on assiste avec ce gouvernement qui
n'a jamais aussi bien mérité le qualificatif de réactionnaire. Non content de s'en prendre aux conquêtes sociales du
peuple français, voilà maintenant qu'il s'attaque à son socle
républicain. On frémit pour la prochaine étape !
Pour « désengorger » les tribunaux un moyen existe :
celui de doter d'un budget digne de ce nom le ministère de la justice.
Mais cela veut dire investir, et y mettre les moyens pour développer une
justice de proximité moderne et surtout citoyenne. Tout le contraire de
ce que défend ce gouvernement de Restauration !
Les dépenses militaires mondiales ont atteint
de nouveaux records en 2009 selon le rapport annuel de l''Institut
international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri) : 1.531
milliards de dollars !
L'Institut a constaté une hausse des dépenses
militaires dans 65 % des pays pour lesquels il a pu se procurer des
chiffres. Les plus puissants ont donné le mauvais exemple : 16 des 19
pays du G20 ont augmenté leurs dépenses en termes réels.
Les Etats-Unis, toujours largement les premiers en terme de dépenses
militaires, ont investi 661 milliards de $ dans ce secteur l'an dernier,
soit 47 milliards de plus qu'en 2008.
Ne disposant pas du chiffre officiel pour la Chine, l'Institut avance
une estimation de 100 milliards de $. La France est troisième de ce
classement avec 63,9 milliards de dollars. “Les chiffres démontrent
aussi que pour les grandes ou moyennes puissances, comme les Etats-Unis,
la Chine, la Russie, l'Inde et le Brésil, les dépenses militaires
constituent un choix stratégique à long terme auquel elle s'attachent
même en période de difficultés économiques”, selon le responsable au
Sipri de la recherche sur les dépenses militaires, Sam Perlo-Freeman.
Ces stratégies sont liées à une recherche à long terme d'influence
mondiale ou régionale.
Aux États-Unis, les dépenses militaires ont éclaté sous la présidence de
George Bush : + 63 % de 2000 à 2008. malgré les annonces du président
Obama de supprimer certains programmes (qui ont parfois été rétablis
par le Congrès). Il y a poursuite de l'augmentation des dépenses
militaires : le but fondamental d'assoir la suprématie étasunienne sur
un large spectre de moyens militaires n'est pas abandonné.
Les dépenses militaires ont augmenté dans toutes les régions du
monde, en dehors du Moyen-Orient.
La moitié de ces dépenses sont concentrées sur le continent américain :
738 Mds de $ dont 661 mds pour les seuls États-Unis. Sur le continent
sud-américain, le Brésil dépense le plus (26,1 Mds de $ et 11e rang
mondial avec une hausse de 16 %. À noter que le Vénézuela a baissé ses
dépenses fortement (- 25 %).
La deuxième région du monde en terme de dépenses est constituée par le
continent européen avec 386 Mds de $ dont 326 en Europe de l'Ouest et
Centrale et 60 en Europe de l'Est. C'est le Royaume-Uni (58,3 Mds) qui a
le plus augmenté ses dépenses militaires en valeur absolue, suivi de
la Turquie et de la Russie (53,3 Mds). À noter que l'Allemagne (45,6
Mds) et l'Italie (35,8 Mds) maintiennent un haut niveau de dépenses
militaires. Globalement, la crise économique a ralenti fortement la
hausse des dépenses militaires en Europe de l'Est, à la différence des
années précédentes : de 2000 à 2009, leurs dépenses militaires avaient
doublé ! plus 108 %, augmentation due pour l'essentiel aux dépenses
d'ajustement de ces pays pour entrer dans l'OTAN ce qui les avait obligé
à amener leur niveau à 2 % du PNB…
La troisème région du monde en matières de dépenses militaires et
l'Asie-Océanie : 276 Mds de $ dont 210 Mds de $ en Asie de l'Est. les
dépenses chinoises sont estimées aux environ de 100 Mds de $, celles du
Japon à 51 Mds, de l'Inde à 36,3, de la Corée du Sud à 24, de
l'Australie à 19 Mds de $.
Les pays du Moyen-Orient ont dépensé 103 Mds de $ dont 41,2 pour la
Arabie Saoudite. Enfin l'Afrique représente “seulement” 27 Mds de $.
Les opérations de maintien de la paix “multilatérales”, notamment en
Afghanistan, ont augmenté en termes de personnel et de coûts pour,
elles aussi, atteindre de nouveaux records, selon le Sipri. Au total,
54 de ces opérations de maintien de la paix se sont déroulées dans le
monde (dans 34 régions) au cours de l'année passée pour “un coût connu”
et jamais atteint jusque-là de 9,1 milliards de $ (7,4 milliards d'€).
Il faut malgré tout rapporter cette somme aux dépenses militaire
globales des principaux pays. À noter que le nombre (stable) de
conflits qualifiés de “majeurs” est de dix-sept.
Ces chiffres peuvent donner le vertige comme l'on fait, il y a
quelques mois, les montants énormes des emprunts accordés aux banques.
La crise économique n'a globalement pas affecté ces dépenses militaires,
en dehors de quelques pays d'Europe de l'Est. Cela signifie que les
mesures d'austérité prises jusqu'à présent ont visé d'autres secteurs
publics de biens et services, comme le montre la situation de la Grèce,
(évoquée dans un autre article du blog
http://culturedepaix.blogspot.com).
On pourrait également rapprocher cette santé insolente des dépenses
militaires de la difficulté à atteindre les “Objectifs du millénaire
pour le développement” visant à diminuer la pauvreté dans le monde de 50
% d'ici 2015. Selon les études de l'ONU, le financement extérieur
(notamment avec l'aide publique au développement) pour les réaliser a
été estimé à environ 135 Mds de $ par an jusqu'en 2015 (moins de 10 %
des sommes évoquées). “Le pain ou les canons”, ce vieux slogan rappelle
que nous sommes là au coeur de choix de société fondamentaux…
L'Élysée a enjoint les sénateurs de revenir sur leur
vote qui garantissait le maintien de l'institution du défenseur des
enfants, mise en place par la gauche en 2002, y voyant sans doute un
contre-pouvoir gênant ses projets liberticides.
Il y a du Badinguet dans cet homme-là. Du coup d'État
permanent. Les libertés ou les contre-pouvoirs du peuple deviennent
gênants ? On s'arrange pour les diluer. Qu'importe la volonté des
parlementaires : ceux-ci, à droite, sont déjà croupions.
Pour de prétendues économies de fonctionnement, le gouvernement avait
concocté un texte ligotant dans un même organisme des institutions
– créées pour l'essentiel sous les gouvernements de gauche – garantes
d'un certain nombre de libertés et de droits constitutionnels. Un
défenseur des droits, construit suivant la logique du médiateur de la
République qui, du coup, disparaît, devait absorber dans un insipide
gloubi-boulga la Commission nationale de déontologie de la sécurité, le
défenseur des enfants, ainsi que la Halde, (Haute Autorité de lutte
contre les discriminations), agissant jusque-là sur leur terrain
respectif. Une véritable usine à gaz extrêmement complexe avec un
responsable du secteur enfance révocable à tout moment, donc amovible au
fil du vent. Un projet dénoncé par la gauche et à ce point régressif
que les sénateurs de droite avaient dû faire voter mercredi, par
175 voix contre 160, des amendements au projet gouvernemental en mettant
les droits des enfants en dehors de cette nouvelle structure vouée à
l'impuissance.
Spécificité de la souffrance des mineurs
Patatras ! Nicolas Sarkozy a remis de l'ordre en enjoignant aux
sénateurs de sa majorité de revoter pour rétablir un texte liberticide.
Exit l'institution de défense des droits des enfants, coupable de
s'être notamment émue de la spécificité de la souffrance des mineurs.
Si cette pratique respecte le règlement de cette assemblée, elle n'en
est pas moins inhabituelle. « Des tractations ont eu lieu au sein de la
majorité pour éviter des ratés dans ce débat qui a donc été tranché
ailleurs, avec l'intervention de l'exécutif, sans doute au plus haut
niveau », a commenté la sénatrice (PCF) Nicole Borvo Cohen-Seat. « Je ne
comprends pas pourquoi on veut mettre le Parlement à genoux devant le
monarque », a estimé Alima Boumedienne-Thiery (Les Verts). « C'est une
manière de bafouer notre assemblée, qui a délibéré longuement sur cette
question », s'est insurgé Jean-Pierre Sueur (PS). Ce coup de force
sarkozyste ainsi que le revirement des sénateurs UMP à la botte font
grand bruit, bien au-delà de l'enceinte du palais du Luxembourg.
L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter dénonce « une dérive
constante depuis 2007 », vers « une monocratie » où « l'essentiel des
pouvoirs législatifs comme exécutifs sont dans la main du président de
la République ». Il parle « d'une scène pitoyable où on voit des élus
accepter de manger leur chapeau ».
Nicolas Sarkozy enterre une deuxième fois Victor Hugo.
Submergées par les demandes et confrontées à une baisse
des ressources, les organisations d'aide aux plus démunis ne
parviennent plus à remplir leur mission. Elles lancent un cri d'alarme à
l'intention des pouvoirs publics.
Les associations sont à bout de souffle. Malgré leur
engagement, les bénévoles n'arrivent plus à faire face. La semaine
dernière, le Secours populaire d'Angers (Maine-et-Loire) prenait la
décision de fermer temporairement ses portes (lire l'Humanité du 2
juin). « Un exemple très émouvant de ce qui pourrait se produire sur
tout le territoire », assure le président du SPF, Julien Lauprêtre. En
2009, 2 millions de personnes avaient fait appel à l'association. Un
chiffre atteint en un seul semestre en 2010.
Le SPF n'est pas seul à souffrir, toutes les organisations sont
submergées. À l'occasion de leur dernière campagne hivernale, les Restos
du coeur ont accueilli quotidiennement 40 000 personnes de plus que
l'année passée. La Croix-Rouge constate également une hausse de la
demande d'assistance. « Sur la première moitié de 2010, on voit une
progression de 15 à 20 % de la fréquentation de nos structures
d'accueil », relève Jean- François Riffaud, son porte-parole. Une
situation d'autant plus inquiétante que « la rentrée scolaire, en
septembre, est toujours l'occasion d'une recrudescence des demandes »,
précise Marc Castille, responsable du service solidarité du Secours
populaire.
À la veille du lancement de sa campagne nationale de collecte, le
président de la Croix-Rouge Française Jean-François Mattei, interpelle
les pouvoirs publics et demande au « gouvernement de considérer les
dépenses sociales comme prioritaires ». « Il doit prendre ses
responsabilités. Ce ne sont pas les associations qui sont en crise, mais
bien la société française, renchérit Jean-François Riffaud. Les besoins
augmentent et les ressources baissent. Dans de très nombreuses régions,
les collectivités locales rognent sur les aides qui nous sont
attribuées. » Des propos qui rejoignent les déclarations de François
Soulage, président du Secours catholique : « Les associations,
aujourd'hui un peu dépassées, ne peuvent pas remplacer l'État. »
« NOUS AVONS BESOIN DE PLUS DE MOYENS »
Tous constatent également une diminution des dons. En 2009, les
Français ont donné 397 millions d'euros. Selon le baromètre image
notoriété réalisé par l'IFOP, les sommes collectées pourraient baisser
en 2010. « Nos donateurs ont parfois eux-mêmes du mal à boucler leurs
fins de mois », explique Marc Castille, du SPF. La Croix-Rouge tente
également de faire face à un manque criant de moyens. « Pour maintenir
un niveau de ressource constant, nous sommes obligés de beaucoup plus
solliciter les Français, explique Jean-François Riffaud. Cette année
notre quête nationale durera cinq jours, contre deux les années
précédentes. Nous avons besoins de plus de moyens. La Croix-Rouge
française ne peut donner que ce qu'on lui donne. »
Dans beaucoup de structures, les frigos sont vides. Les dotations
européennes attribuées à la France, d'un montant global de 78,1 millions
d'euros, sont réparties entre le SPF, la Croix-Rouge, les Restos du
coeur et la Banque alimentaire. Elles représentent une part importante
de leurs ressources (50 % pour le SPF, 60 % pour la Croix-Rouge et la
Banque alimentaire, 20 % pour les Restaurants du coeur). Or ces
dotations commencent seulement à arriver. Et sont, de surcroît, de plus
en plus menacées. Entre l'automne, où les aides de l'Union européenne
sont attribuées, et le printemps, où les achats sont réellement
effectués, il s'écoule plusieurs mois pendant lesquels les cours des
aliments peuvent monter, entraînant une diminution conséquente des
rations attribuées au final. La réforme de la politique agricole
commune, qui vise à réduire les surplus agricoles, pourrait également
remettre en cause le programme européen d'aide alimentaire. Une
incertitude qui inquiète fortement les associations. « La fin de ces
aides mettrait en péril notre existence », souligne Marc Castille.
La suspension du juge Baltasar Garzon révèle les visions
antagoniques mémorielles de l'Espagne. Pour secrétaire général du Parti
communiste d'Espagne (PCE), José Luis Centella, le débat se structure
sur le terrain politique avec la construction de la IIIe République
Le juge Baltasar Garzon a été suspendu de ses fonctions pour
avoir voulu ouvrir une instruction contre des crimes franquistes, et ce
sur plainte de groupuscules d'extrême droite. Comment interprétez-vous
ce déni de justice ?
José LuisCentella. Nous nous trouvons face à un moment très
important de l'histoire de notre pays. Je le qualifierais de
contradictoire. En effet, nous assistons à un début de consolidation
d'un mouvement républicain, un mouvement qui regarde vers la IIIe
République, et le débat sur notre passé se normalise enfin. C'est à cet
instant précis qu'apparaît un mouvement réactionnaire pour le freiner.
Tandis que le juge Garzon cherche à prendre la tête d'une dynamique
aussi normale qu'humaine – faire la vérité et la justice quant aux
crimes commis durant quarante ans par la dictature –, les
contradictions de la transition resurgissent. Une droite décomplexée,
héritière du franquisme, cherche à intimider quiconque ose toucher au
système.
Elle nie le droit aux communistes, et plus généralement aux gens
de gauche, de poser les débats qui étreignent notre pays. Un citoyen
européen a du mal à comprendre cette situation, et c'est normal. Près de
150 000 antifranquistes gisent encore sur les bas-côtés de nos routes
et nous ne pouvons pas les déterrer ? Pendant ce temps, le dictateur
repose dans un énorme monument – le Valle de los Caidos. C'est cette
contradiction qui sort aujourd'hui à la lumière.
Le juge Garzon enquêtait également sur ce scandale d'État
qu'est la corruption politique. Croyez-vous que les deux affaires soient
liées ?
José Luis Centella. Bien sûr. Le juge Garzon a eu le courage de
mettre à jour le cas Gürtel, un réseau de corruption qui implique
directement le Parti populaire (droite). Cela a entraîné toutes sortes
de déchaînements politico-médiatiques. Car cette affaire de corruption
intervient dans un contexte de grave crise sociale et économique avec
plus de 4,5millions de chômeurs.
Justement, dans ce contexte de crise, comment le débat sur la
IIIe République se structure-t-il ?
José LuisCentella. Lors de la transition, il n'y a eu ni débat ni
vote des Espagnols pour décider du régime sous lequel ils souhaitaient
vivre. Le choix entre démocratie ou franquisme s'est soldé par une
démocratie héritière du franquisme, à savoir la monarchie de Juan Carlos
Ier. Cet état de fait est en train d'être dépassé. La jeune génération
n'a pas vécu la transition et le débat sur la République. L'actuel
travail de récupération de la mémoire est un mouvement de justice
historique mais avec une vision d'avenir. C'est pour cela que nous
parlons de IIIe République. Car, il s'agit de récupérer la dignité d'un
peuple, mais en regardant vers le futur. Ces cinq dernières années,
l'idée de république comme modèle politique n'a cessé de progresser.
Selon les enquêtes, elle atteint même les 40 % chez les jeunes. L'option
républicaine dans une Espagne fédérative est un enjeu d'identité
politique. Pour nous, il n'y a pas d'autre voie pour résoudre les
problèmes du pays.
Vous évoquez le travail de « récupération de la mémoire » Ce
dernier est sujet à nombre d'interprétations controversées…
José LuisCentella. On ne peut pas com-parer les victimes aux
bourreaux et pourtant, ces derniers sont mieux considérés. Des monuments
leur rendent hommage tandis que les victimes, elles, restent
invisibles. Or, un peuple sans mémoire est condamné à stagner. Cette
année, nous célébrons le centenaire de la naissance de Miguel Hernandez.
Poète communiste, il est mort dans les prisons du franquisme parce
qu'il a refusé de signer un document qui exigeait de lui de s'excuser
d'être communiste. Il a été nommé citoyen d'honneur d'Alicante, ville
qui compte un monument à la gloire de Franco. Autre contradiction, sa
condamnation à mort, qui a été par la suite commuée en perpétuité, est
toujours en vigueur puisque son jugement n'a pas été officiellement
annulé. Il est l'un des plus grands poètes espagnols du XXe siècle, et
l'on souhaite effacer son identité politique de communiste. C'est un
exemple, parmi d'autres, des récupérations malhonnêtes de l'histoire à
l'œuvre.
Pour en revenir à la IIIe République, quels axes de travail vous
fixez-vous ?
José LuisCentella. Le premier est d'exiger une publication claire
et transparente des comptes de la maison royale. L'État dégage chaque
année une ligne budgétaire de 9 millions d'euros. Il est inadmissible
qu'en temps de crise, une famille perçoive une telle somme sans avoir de
comptes à rendre. Nous avons réalisé une campagne exigeant du Congrès
des députés qu'il débatte publiquement de cette question. Nous tiendrons
par ailleurs à l'automne une conférence en vue de lancer un processus
constituant de la République. Car, il nous faut passer aujourd'hui de
l'étape de témoignage et de résistance à une alternative républicaine.
Entretien réalisé par Cathy Ceïbe
« Vérité, Justice, et Réparation »
Plus d'une quinzaine d'associations mémorielles françaises
organisent, dimanche 6juin, à la Jonquera, en Espagne, un rassemblement
de soutien au juge Baltasar Garzon. « Le choix du lieu est symbolique
puisqu'il s'agit du chemin de l'exil, la retirada, de près d'un demi
d'Espagnols en 1939 », rappelle Eloi Martinez, président de
l'Association pour le souvenir de l'exil républicain espagnol en France.
L'initiative est à ses yeux d'autant « plus inédite que ce sont des
associations françaises qui se mobilisent en Espagne pour que l'affaire
Garzon ne tombe pas aux oubliettes ». Les instigateurs en appellent au
respect et à l'application du droit international. Rendez-vous à 11
heures, plaza Mayor. Blog Nicolas Maury
La loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché
de l'Electricité) est une étape supplémentaire dans le chemin de
destruction du service public de l'électricité en France !
Bien que la France ait transposé toutes les directives
européennes concernant le secteur énergétique, que le PCF a fortement
combattues, Bruxelles estime que le « marché » peine à s'exercer, les
prix sont trop bas et les concurrents ont du mal à trouver leur place à
gagner des parts de marché et à faire de la marge. C'est un véritable
aveu de l'échec de l'ouverture à la concurrence du secteur
énergétique ! C'est aussi l'aveu que l'objectif de tout ce dispositif
n'est pas de faire baisser les prix, mais de les augmenter !
Aujourd'hui, la concurrence libre et non
faussée ne pourrait pas s'exercer ! Le gouvernement Sarkozy veut
remédier à cela… à sa façon.
Son projet de loi NOME qui sera présentée devant l'assemblée
nationale dans les tout prochains jours est de favoriser la concurrence
dans le secteur de l'énergie par un dispositif de régulation qui
permettra à tous les fournisseurs d'électricité en France de
s'approvisionner auprès d'EDF aux conditions économiques du parc
nucléaire historique. Cette réforme obligera EDF à céder le quart de sa
production électronucléaire (à un prix avantageux) à tout fournisseur
qui en fera la demande. Une clause dite « de destination » obligera les
opérateurs à justifier que leurs clients sont sur le territoire
français.
Quelle mascarade ! Tout le monde sait très bien que celle-ci est
contraire aux traités européens qui prônent une libre circulation des
marchandises sur le territoire européen et qu'elle sera vite remise en
cause par Bruxelles.
Ce qui s'en suivra, c'est que la production électronucléaire
française pourra être vendue n'importe où, hors du territoire national
et fera alors bénéficier l'ensemble des électriciens européens du parc
nucléaire français.
Alors que l'avantage compétitif de notre pays, résultat de dizaines
d'années d'investissements et de recherche, financés au fil des années
par les factures des usagers, mis en œuvre par des générations de
salariés du service public, va être bradé aux intérêts du secteur privé
pour assurer la survie d'un système qui ne fonctionne nulle part dans
le monde. C'est spolier l'ensemble des usagers français d'un juste
retour sur l'investissement qu'ils ont financé !
Et que se passera t-il pour les citoyens, les artisans, les
entreprises ? Leur facture d'électricité va s'élever mécaniquement et
très rapidement puisque tout le monde s'alignera sur des prix “de
marché” qui garantiront une marge suffisante à tous les opérateurs.
Envolé les tarifs régulés fixés par l'Etat !
La conception du service public de l'énergie défendu par le PCF,
s'inscrit dans le long terme! Elle est diamétralement opposée à la
logique du marché, la concurrence et la privatisation soutenue par le
gouvernement actuel et l'Europe libérale défendue par Nicolas Sarkozy.
L'énergie doit être reconnue comme un bien public indispensable à
l'humanité dans les textes internationaux et européens qui doivent
intégrer la notion de droit à l'énergie au juste prix comme un droit
humain inaliénable. Le financement des investissements nécessaires pour
en assurer l'accès à tous doit relever de la responsabilité de la
collectivité.
Parce qu'elle nous concerne tous et toutes, l'énergie doit relever du
service public seul capable de répondre aux besoins humains, garantir
notre indépendance énergétique, encourager la recherche et
l'investissement pour le respect de l'environnement. Seul un véritable
service public garantit la sécurité des installations et le contrôle
citoyen.
La participation effective des citoyens (usagers, salariés et élus)
aux décisions de gestion et aux choix stratégiques des entreprises
publiques et des services publics est incontournable pour une avancée
démocratique réelle, une transparence sur les choix de gestion et un
nouvel épanouissement humain dans le travail et dans la cité.
Le PCF réaffirme qu'il faut rompre avec la libéralisation des
services publics en Europe afin d'extraire les secteurs vitaux des
griffes du marché. Il prendra prochainement des initiatives dans ce
sens.
Il faut ouvrir d'autres logiques basées sur les coopérations, la
démocratie, la transparence et le renforcement de la maîtrise publique
dans des secteurs vitaux pour l'économie européenne.
Le PCF appelle toutes les forces de gauche, toutes les organisations
attachées au service public, tous les citoyens, à s'unir pour empêcher
la mise en œuvre de cette mauvaise réforme. D'ores et déjà, les
parlementaires et élus communistes s'engagent dans la bataille pour
faire échouer la tentative du gouvernement Sarkozy de légiférer à la
hussarde sur un sujet essentiel pour l'avenir des Français.
À Aurillac (Cantal), un facteur de cinquante-quatre
ans s'est donné la mort début mai, après avoir appris que sa tournée
était supprimée. Pour ses proches, la cause de ce suicide est à chercher
dans le démantèlement du service public.
Il avait plus de trente années de poste dans les
pattes. À cinquante-quatre ans, Jean-Pierre était facteur à Aurillac,
dans le Cantal. Tous ses collègues, ses amis, sa famille en
témoignent : c'était un gars respecté, bien noté par sa hiérarchie,
irréprochable dans le boulot. Un fonctionnaire qui, à l'époque, avait
réussi les concours de l'administration des PTT, qui, de ce fait, comme
tant d'autres postiers, avait dû quitter ses terres natales pour
prendre ses quartiers un temps à la capitale, avant de revenir au pays.
Un monsieur qui, il y a trente ans, avait fait le choix du service
public, malgré des salaires largement inférieurs à ceux proposés dans
le privé. Un discret, un taiseux, même pas syndiqué ni militant, prêt à
aider les copains en cas de pépin, mais refusant qu'on lui rende la
pareille. C'était un facteur engagé dans son travail, attaché à « sa »
tournée. Il s'est pendu le 4 mai dernier pendant la pause déjeuner à
son domicile.
affecté à décharger les camions
Quand il a appris en octobre 2009 que, dans une énième
restructuration de la distribution, c'était sa tournée qui était
supprimée, Jean-Pierre a sombré dans la dépression. Il a été arrêté
pendant huit mois. Mais, comme en témoigne son fils dans une lettre,
digne et accablée, adressée aux collègues de travail de son père et que
l'Humanité publie (fac-similé ci-contre), il se sentait, début mai,
capable de reprendre le boulot, de « relever ce nouveau défi ». Le 3
mai, il revient au bureau d'Aurillac et la direction affecte ce facteur
qui a toute sa vie distribué le courrier le matin sur une « position
support » où il doit décharger le courrier des camions, distribuer
quelques plis et aller en collecter dans les entreprises, le matin et
l'après-midi. À cinquante-quatre ans, Jean-Pierre doit tout apprendre,
comme un jeune en intérim ou en CDD, dans un univers managérial où tout
ce que lui considère comme essentiel est devenu superflu. Pour ses
collègues et sa famille, c'est très clair : le postier n'a pas supporté
la violence de cette situation, et c'est pour cela qu'il s'est suicidé
en début d'après-midi, dans le court laps de temps qui échappe au
minutage de toutes les tâches aujourd'hui dévolues aux agents de La
Poste. « Jean-Pierre a toujours été nickel au travail, décrit Éric
Chanut, collègue du défunt et facteur rouleur au bureau d'Aurillac. Et
là, il sentait visiblement qu'il allait faire partie de ceux qui sont
montrés du doigt par la direction, ces plus de cinquante ans accusés de
ne pas être assez mobiles, alors que, bien souvent, ils sont attachés à
leur métier et à une conception du service public… Il n'y a qu'une
question qui vaille : si Jean-Pierre avait repris le travail en étant
sur sa tournée, est-ce qu'il se serait suicidé au lendemain de son
retour à La Poste ? Et pour nous tous, la réponse est non. »
À la poste d'Aurillac, ce suicide suscite beaucoup d'émotion. Dès le
lendemain, la CGT, largement majoritaire dans le Cantal, fait le lien
entre le suicide de Jean-Pierre et la « déchéance » sur sa tournée,
dénonçant dans un tract des « réorganisations inhumaines sur le modèle
de France Télécom ». Dans un courrier aux accents comminatoires envoyé,
le 6 mai, au syndicat, Christophe Lefèvre, directeur de la branche
courrier pour la région Auvergne, dénonce des « propos absolument
inadmissibles » : « L'assimilation faite par votre organisation au
lendemain de ce terrible drame humain que constitue un suicide est
profondément indigne ; elle porte inutilement et gravement atteinte à
l'image de La Poste. Je vous demande que de telles pratiques cessent. »
des restructurations perpétuelles
Dans le Cantal comme dans toute la France, la direction de La Poste,
transformée en société anonyme, paraît, à l'instar de celle de France
Télécom pendant si longtemps, décidée à faire la sourde oreille face à
la souffrance engendrée par les restructurations perpétuelles. Alors
que, par la voix du fils de Jean-Pierre, la famille est extrêmement
explicite sur le lien à établir entre la dégradation de ses conditions
de travail et la disparition de leur proche (« Toute une famille paie
les incompétences de gens qui ne respectent pas leurs salariés »,
écrit-il), les facteurs d'Aurillac refusent le chantage au silence et le
déni de la direction de La Poste. Certains portent un brassard noir
pendant plusieurs jours et l'un d'entre eux rebaptise une impasse du nom
du facteur, devant le bureau de poste. « Ce sont les réorganisations
permanentes qui portent gravement atteinte à la santé des postiers et à
l'image de La Poste, juge Jean-François Vasse, secrétaire de la Fapt
CGT dans le Cantal. Nous demandons à la direction que de telles
pratiques cessent ! »
Loi de finances rectificative pour
2010 : question préalable
Par Thierry Foucaud / 3 juin 2010
Monsieur le
président, madame la ministre, mes chers collègues, pour la troisième
fois depuis le début de l'année, nous sommes réunis en séance publique
pour examiner un collectif
budgétaire.
Cette profusion de textes fiscaux et financiers intervient – faut-il y
voir un paradoxe ? – alors même que les comptes de l'État et (...)
Le « Schéma
d'emplois 2011-2013 » du Ministère de l'Education nationale, adressé
aux rectorats avec près de quatre mois d'avance, confirme la volonté du
gouvernement à poursuivre
le
démantèlement du service public d'éducation. Les 16.000 suppressions de
poste pour la rentrée 2010, appuyées sur la réforme de masterisation,
ne (...)
Jouissant
jusqu'à présent d'une impunité totale au regard de ses nombreuses
violations au droit international, Israël, en attaquant la « flottille
de la liberté pour Gaza »
dans les eaux
internationales faisant vingt morts et des dizaines de blessés, vient de
commettre un acte de piraterie intolérable.
Depuis juin 2007, la (...)
Monsieur le
président, madame la garde des sceaux, mes chers collègues, la
discussion de ce projet de loi organique nous donne, s'il en était
besoin, l'occasion d'affirmer ici
combien
il est indispensable que soient défendus, reconnus et étendus les
droits et les libertés dans leur diversité. C'est un combat au
quotidien, (...)
reçues en 2009 par la CNDS, la
Commission nationale de déontologie de la sécurité. Ce nombre est sans
cesse en augmentation depuis 2001. « Il faut y voir la conséquence d'une
augmentation des atteintes aux droits de la part des professionnels
chargés de faire respecter la sécurité, estime Nicole Borvo Cohe-Seat.
La politique ultra-sécuritaire que mène le gouvernement, la pression du
chiffre et l'insuffisance des personnels ne peuvent que conduire à des
excès. »