| vendredi 27 juillet 2007, a 14:40 |
| Dopage dans le cyclisme : journée noire . |
Par : Bureau de presse
Mis en ligne : 27 juillet
Après
l’exclusion de Vinokourov, de Moreni, et le départ de Rasmussen à la
demande des sponsors : le tour de France a encore connu une de ses
journées noires. Est ce la fin d’une longue série initiée en 1998 ?
Malheureusement je n’en suis pas certaine.
La prise de conscience symboliquement marquée par
certains coureurs du tour, montre que l’exaspération d’aujourd’hui
porte sur le dopage, et non plus, comme en 1998 où le sit-in dénonçait
les perquisitions à la demande de la justice et la traque des
journalistes.
Car
il ne s’agit pas seulement de la « triche » il s’agit aussi et surtout
de la santé des sportifs. Combien j’aurais aimé alors, que les sportifs
eux-mêmes, réagissent à ce traitement infamant que certains leur font
subir. J’aimerais aussi que ceux qui sont à l’affût du résultat pour le
résultat, de la performance pour la performance, les sponsors, certains
médias et les annonceurs publicitaires aient un peu de décence. Ce sont
eux qui pressurent les sportifs qui les acculent à utiliser des
produits qui accroissent leurs performances.
Bien sûr, il faut contrôler, réprimer si nécessaire
mais il faut d’abord prévenir les plus jeunes et les amateurs, leur
parler des conséquences d’une maltraitance quotidienne de son corps. Le
cyclisme est-il le sport le plus touché ? Ce n’est pas certain. Il est
à coup sur le sport le plus exposé dans ce domaine. J’aimerais que
toutes les fédérations internationales aient les mêmes exigences à
l’égard de leurs sportifs et de leur encadrement. C’est le rythme
infernal des compétitions et la course au profit publicitaire autour du
sport qui accroît ces dérives. Alors cessons de ne parler que des
conséquences et parlons des causes.
Je suis fière d’avoir contribuée à asseoir une vraie
politique de lutte contre le dopage en France, d’avoir commencé à
donner des moyens importants au laboratoire de Châtenay, et d’avoir
initié le suivi longitudinal des sportifs. Je remarque que mes
successeurs n’ont pas démoli ce qui avait été construit. Je note
pourtant que les ministres successifs se sont peu exprimés sur le
sujet.
L’Agence mondiale antidopage, le code mondial existent, c’est une bonne
chose même s’il faut encore les perfectionner. Des docteurs Jekylls
sont encore tapis dans l’ombre se servant des sportifs comme de
cobayes. Il faut libérer les sportifs de ce carcan, il faut qu’ils
témoignent, et ainsi ils auront le soutien du public qui, lui, peut
accepter que les compétitions se déroulent à un rythme moins effréné.
Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF
Ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports
Paris, le 25 juillet 2007.
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