Professionnels du soin, syndicats, partis politiques, acteurs du
monde associatif ou médico-social, mutualistes, représentants des
usagers et /ou usagers du système de santé, nous nous mobilisons contre
les franchises, pour l’accès aux soins de qualité et à la santé pour
tous.
Nous refusons les franchises sur les soins, que veut mettre en place le nouveau gouvernement :
Appliquer une franchise, c’est ne rien rembourser au patient en
dessous d’un seuil annuel de dépenses proposé par le gouvernement et
voté par le Parlement.
Appliquer une franchise, même si elle épargnait les patients
bénéficiaires de la CMU, c’est pénaliser les patients aux revenus les
moins élevés, c’est aggraver les difficultés d’accès aux soins de ceux
qui ne peuvent actuellement se payer une complémentaire, de ceux qui ne
le pourront plus car le coût des complémentaires augmentera.
Appliquer une franchise, c’est rendre impossible, en médecine
générale, la pratique du tiers payant, alors que celui-ci est
nécessaire pour l’accès aux soins des patients aux revenus les plus
modestes.
Appliquer une franchise, c’est dissuader les patients de se faire
soigner pour des maladies apparemment peu sévères mais qui, faute de
soins, risquent de s’aggraver ; c’est les inciter à reporter à plus
tard les actes de prévention ; c’est l’inverse d’une politique
cohérente de santé publique.
Appliquer une franchise, c’est économiquement inefficace : les
forfaits, mis en place ces dernières années, n’ont pas empêché
l’accroissement des dépenses de soins car celles-ci sont concentrées
sur un petit nombre de personnes à pathologies graves.
La franchise est sensée « responsabiliser » les patients, les
membres du gouvernement le répètent constamment. C’est dire que pour
eux, les Français sont irresponsables...
Or, pour être responsable, il faudrait pouvoir s’orienter en
connaissance de cause, bénéficier d’un système d’information claire sur
l’organisation réelle du système de santé, sur les tarifs pratiqués,
sur les pathologies et l’éducation à la santé. C’est loin d’être le cas
en France.
La responsabilisation est donc un prétexte, les malades n’étant pas
responsables de leurs maladies. La franchise est avant tout un système
de pénalisation financière et de culpabilisation, notamment du malade
pris en charge à 100%, du cancéreux, du dialysé, du diabétique, de
l’accidenté du travail. Ce projet s'inscrit dans une « culture » des
uns contre les autres, génératrice de haines sociales.
La question de la dépense de soins découle de décisions politiques sur l’organisation du système de soins,
du mode de rémunération des professionnels, du type de formation
qu’ils reçoivent (indépendante ou non notamment), de la mise en place
d’actions de prévention et d’éducation à la santé, d’actions sur les
conditions de vie des gens, sur la santé au travail et
environnementale, sur le bien manger...
L’instauration de franchises, la généralisation des dépassements
d'honoraires par la création d'un secteur optionnel, aboutirait Ã
l’abandon progressif d’un système d’Assurance maladie solidaire, dans
lequel chacun cotise selon son revenu et est soigné selon son état de
santé ; ce serait la mise en place d’un système assurantiel privé
favorable à la croissance des inégalités sociales de santé.
S’opposer aux franchises est le premier pas pour construire un système de santé plus juste.
Réussir la mobilisation du 29 septembre,
c’est permettre ensuite, s’il n’y a pas abandon par le gouvernement
de cette proposition injuste, d’engager, dans la deuxième quinzaine
d’octobre, des manifestations décentralisées dans toute la France.
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