
Mis en ligne : 30 novembre
Si les abeilles devaient disparaître, l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre.
Albert Einstein
Voir : Lettre n°8 - novembre 2007 - Communisme et Ecologie
Alors que la France et l'Union européenne se sont
engagées pour stopper l'érosion biodiversité d'ici
2010, et que la France s'est dotée d'une stratégie nationale
pour la biodiversité en 2005, nombre d'observateurs
ont regretté que les travaux du Grenelle de l'environnement
soient en la matière parmi ceux qui méritent d'être
retravaillés et approfondis. Les mesures envisagées, les
moyens qui leur seront accordés suffiront-ils à inverser
les tendances actuelles ? Le doute est permis.
Pourtant, il y a urgence. Pour nombre de scientifiques, si
la crise de la biodiversité est moins connue et médiatisée
que le réchauffement climatique (auquel par ailleurs elle
est étroitement liée), elle est tout autant porteuse de
menaces pour l'humanité.
Source d'aliments, de substances naturelles d'intérêts
divers, notamment pharmacologique, de matières premières
et de satisfactions esthétiques, sa préservation
constitue l'un des éléments majeurs d'une politique de
développement durable.
Depuis quelque décennies, l'humanité provoque de nombreuses
modifications de son environnement et la disparition
de nombreuses espèces n'en est pas le moindre.
Ainsi, si la disparition de centaines d'espèces, poissons,
reptiles, oiseaux, mammifères, plantes supérieures est
avérée, de nombreuses espèces plus discrètes, qui n'ont
jamais été répertoriées, disparaissent dans la modification
ou la disparition des écosystèmes. À l'échelle de la planète,
nous vivons actuellement la sixième grande exctinction
des espèces et cette fois l'homme y est pour beaucoup.
De nombreux scientifiques considèrent qu'il faudrait
sur cette question constituer, à l'échelon mondial,
un organisme du même type que le GIEC.
Cette régression de la biodiversité affecte même des
variétés cultivées et domestiques que des générations
d'agriculteurs avaient patiemment sélectionnées en fonction
de leurs besoins et des exigences locales.
Si la construction d'une trame verte afin de permettre une
gestion du territoire qui préserve la “biodiversité ordinaire”,
le regroupement des différents établissements
publics concernés dans une seule structure, éventuellement
une agence, il reste de nombreuses zones d'ombre
sur les relations entre cette structure et les collectivitésterritoriales d'une part, avec les personnels chargés de la
protection de la nature d'autre part. Il en va de même de
la question des moyens financiers et en personnel, notamment
pour la recherche dont cet organisme sera doté.
Espérons que la prochain débat parlementaire faisant suite
au Grenelle saura prendre cette question en compte.
Inséparables de la protection de la biodiversité, celles de
la qualité de l'eau, de la protection des zones humides et
de la pollution des sols et qui mettent en cause certaines
pratiques liées à l'agriculture intensive comme l'utilisation
des pesticides ou des fongicides. Les réserves sur ces
points de la part de certains organismes laissent à prévoir
des difficultés.
La possibilité de la culture d'OGM en plein champ, même
encadrée et contrôlée, constitue elle aussi une menace
pour certaines espèces.
N'oublions pas qu'en matière de biodiversité, les responsabilités
de la France sont immenses. Présente dans les
quatre océans, elle est responsable du deuxième domaine
maritime du monde. Outre le territoire national, elle est
concernée par plusieurs zones où la protection de la biodiversité
est particulièrement importante, Méditerranée,
Caraïbes, Océan indien, Nouvelle Calédonie, Polynésie et
par l'une des zones forestières majeures de la planète en
Guyane.
Le travail pour s'opposer à l'érosion de la biodiversité ne
saurait se limiter à l'intérieur de l'hexagone. Il faudra plus
qu'un discours du président de la République pour faire
oublier que la France a souvent été un très mauvais élève,
souvent condamnée pour ses manquements à la protection
de son environnement. Espérons que la présidence
française de l'Union européenne changera la donne et
permettra de réels progrès.
Comme le soulignent les travaux du Grenelle, la France se
doit d'intervenir sur la protection de la biodiversité à
l'échelle planétaire. Comme l'eau, l'énergie, la biodiversité
est un bien commun de l'humanité au service et sous la
protection de tous. Cela nécessite de la placer sous l'autorité
de structures mondiales et de travailler au progrès
et à des avancées sur une agence mondiale de l'environnement
et du développement durable et sur un groupement
de scientifiques du même type que le GIEC. |