Cidefil 21 décembre 2007
Expérimentation du RSA : vigilance du groupe communiste du 76
L'Assemblée
Départementale a décidé d'expérimenter le nouveau dispositif de «
Revenu de Solidarité Active » dans le canton d'Elbeuf pour trois ans.
Au nom du groupe communiste, Jean-Louis JEGADEN a considéré que ce dispositif s'inscrit dans la restructuration libérale de notre société mise en œuvre par N. SARKOZY, et qu'il y a loin entre le projet de l'ancien Président d'Emmaüs (qui prévoyait notamment 8 milliards d'euros pour éradiquer la pauvreté en France) et l'actuelle mouture de RSA puisqu'il ne reste plus que 25 millions d'euros budgétés par l'Etat.
Plus grave, « en ne prévoyant pas de participation des employeurs, c'est encore une fois les exonérer de leurs responsabilités et leur offrir des travailleurs à coût réduit, contraints d'accepter les emplois les plus pénibles et des conditions de travail dégradées ».
Le Gouvernement, en se saisissant du RSA veut en fait offrir aux entreprises une plus grande flexibilité dans la gestion de la main d'œuvre.
Comment penser en effet raisonnablement que le patronat résisterait à un tel effet d'aubaine qui reporte sur les collectivités locales, donc sur les impôts locaux, ce qui est de leur responsabilité et de celle de l'Etat.
Avec le RSA, il ne s'agit pas d'imposer aux employeurs de mieux payer le travail mais de compenser des salaires de plus en plus bas par une augmentation des prestations assurées par les collectivités publiques.
« Nous sommes donc très circonspects sur cette mesure mais, dans un esprit constructif, et parce que sommes confrontés à une demande importante des personnes intéressées, nous ne refuserons pas une expérimentation très localisée, en Seine Maritime, tout en appelant à la vigilance face aux effets pervers du dispositif ».
Nous verrons si, notamment, il ne sera pas utile de placer quelques garde fous et de revenir sur la proposition faite dans le rapport de cibler les bénéficiaires du RSA « quelque soit le type de contrat » (CDI, CDD, intérim…) et « quelque soit le nombre d'heures travaillées ». Pour exemple, le Département de Seine-Saint-Denis a pour sa part décidé d'emblée de conditionner le déclenchement du RSA à l'accès à un emploi au moins égal à un mi-temps (sur la base du SMIC).'' »
Contact : Jean-Louis JEGADEN
Voir en ligne : Le site des élus communistes de Seine-Maritime

