Nicolas Sarkozy a présenté aujourd'hui, à la cité de l'architecture, sa
conception du Grand Paris.
Chacun s'accorde aujourd'hui sur une chose : la région capitale a besoin
d'une ambition nationale. Il semble que l'Etat abandonne enfin une
politique qui visait à affaiblir la région parisienne, les communistes
qui le demandaient depuis longtemps, ne peuvent que s'en féliciter.
C'est dans cet esprit que les élus communistes sont attachés à ancrer
ces projets sur les besoins et aspirations de la population
francicilienne, sans oublier les catégories les plus fragiles. Nicolas
Sarkozy a parlé d'un « Paris Juste ». Il ne pourra y avoir de justice si
ces projets conduisent à des exclusions et des marginalisations. Le
développement autour d'une dizaine de pôles n'a de sens que s'ils
rayonnent autour d'eux.
S'agissant des transports et du logement, les enjeux en Ile-de-France
sont tels que l'Etat doit prendre toutes ses responsabilités, en
particulier financièrement. Des investissements importants sont annoncés
pour les transports mais il s'agit aujourd'hui de préciser qui va
effectivement payer.
Nicolas Sarkozy a annoncé qu'une partie du financement proviendrait de
l'augmentation du prix du foncier. Mais cela va conduire inévitablement à
une explosion des loyers, et donc à l'exclusion des plus fragiles. Le
seul rempart contre cette logique d'exclusion, c'est le logement social.
Or, ce sujet a brillé par son absence dans le discours présidentiel.
Cette impasse, assurément volontaire, est inadmissible. L'Etat doit
financer à un tout autre niveau qu'aujourd'hui le logement social, pour
permettre justement, que les projets de la région métropole ne servent
pas, en réalité à rayer de la cartes les plus fragiles.
Si Nicolas Sarkozy a tenté de répondre aux critiques sur le caractère
autoritaire de sa méthode, il s'est contenté de renvoyé à plus tard les
modalités d'intervention des citoyens et des collectivités dans
l'établissement et la mise en oeuvre de ses projets. Les communistes
seront extrêmement vigilant pour qu'à toutes les étapes, la compétence
générale soit confirmée, et que la participation des collectivités et
des citoyens soit impérative.
En posant comme condition au partage des pouvoirs, le fait que les élus
ne soient pas des freins, Nicolas Sarkozy fait montre d'une curieuse et
inefficace conception de la démocratie. L' implication des élus et des
citoyens est la clé de la réussite.
Si la proposition d'une dérégulation des règles d'urbanisme peut
paraître intéressante, elle ne doit en aucun cas être le cheval de troie
qui permettra de faire basculer la région capitale sous la loi de la
jungle, et la transformer en terrain de jeu pour riches spéculateurs.
Dans tous les cas, le Grand Paris ne vaut que s'il est partagé par tous.
Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF
Paris, le 29 avril 2009. |