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Cidefil 29 mai 2009
Par Jean-Marc Coppola
Contre la crise ? Les 32 heures, tout de suite !
vendredi 29 mai 2009
Que reste-t-il du controversé lundi de Pentecôte travaillé, mis en place en 2005, pour punir les Français, accusés d’être les responsables du décès de 15 000 de nos anciens au cours d’un caniculaire été ? Pas grand-chose, si ce n’est l’idée que, dans notre pays, tout droit peut être menacé, y compris les jours fériés.
A l’époque, le secrétaire d’Etat aux personnes âgées, Hubert Falco, inventait donc la journée de travail non payée en faveur des séniors et des personnes en situation de handicap. Une journée soi-disant de solidarité, censée dégager deux milliards d’euros par an pour aider au financement de mesures destinées aux personnes dépendantes.
Bien entendu, tout ceci ne fut qu’un prétexte annonçant l’obsession présidentielle : travailler plus. A quoi tout cela a-t-il réellement servi ? Les personnes âgées et en situation de handicap ont-elles vu leur niveau de vie s’améliorer ? Loin s’en faut. Les premières sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers les associations humanitaires pour subsister. Les secondes vont à présent jusqu’à crier leur colère, dans les manifestations, même en fauteuil roulant.
Aujourd’hui, et la crise n’a fait que le confirmer, il saute aux yeux que le modèle social français, même torpillé par le gouvernement, est le seul qui puisse véritablement protéger les citoyens des inégalités. Ce modèle doit plus que jamais se renforcer et reposer réellement sur le principe de solidarité nationale, c’est-à -dire la contribution de chacun à la solidarité en fonction de ses ressources pour garantir l’égalité d’accès à la protection sociale.
Les Français n’ont pas besoin de leçon de solidarité. Ils ont montré maintes fois que cette valeur avait encore un sens pour eux. C’est malheureusement moins souvent le cas du côté des nantis, des puissants, des actionnaires.
La solidarité doit passer aussi par une juste répartition des richesses, par une conception audacieuse du travail et de l’aménagement de la vie. Puisque certains osent proposer la possibilité de travailler de chez soi pendant ses congés maladie, j’irai dans le sens opposé. Dans le sens logique de l’histoire, celui qui favorise l’émancipation humaine, l’accomplissement de l’individu. Bien que ma proposition va à l’encontre de l’idéologie dominante, j’affirme que le meilleur moyen de lutter contre la crise est de travailler moins.
La diminution du temps passé au travail doit être progressive mais constante. Selon moi, nous pouvons tout de suite mettre en place les 32 heures et instaurer la semaine de quatre jours.
Et, pourquoi pas, en guise d’hommage, faire du lundi de Pentecôte le jour de la Saint-Hubert !

