Par Régis TRILLES le dimanche 18 octobre 2009, 20:41 - France d'après - Lien permanent
En pleine crise de contestation pour cause de népotisme, de pouvoir personnel et d'orientations politiques sans apparente ligne de force, le président Sarkozy renoue avec les coups médiatico-politiques et fait un voyage éclair à Gandrange. André Santini, député Nouveau Centre de la majorité présidentielle, appelle ça des « missiles ». Le vocabulaire guerrier est sans équivoque. Il en dit long sur les rapports entre les députés et le chef de l'État. Missiles ? Il évoque la suppression de la taxe professionnelle, le Grand Paris ou la réforme des collectivités territoriales. L'affaire de l'éventuelle élection, pilotée par l'Élysée, de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad a peut-être joué un rôle de révélateur : désormais, les bouches s'entrouvrent et les critiques fusent.
En particulier dans le cœur de cible du sarkozysme : les personnes âgées de plus de soixante-cinq ans, les catégories supérieures et les sympathisants de droite. Certitudes aussi qu'on n'est pas au bout du tunnel sur les dossiers les plus fondamentaux actuels ou à venir : chômage, remontée de la délinquance, réforme des retraites… Or, le chef de l'État perd de sa crédibilité en raison de sa posture, et le recours à l'ouverture à des personnalités oblitérées à gauche semble s'essouffler. Manque une ligne après l'usure à grande vitesse du slogan : « Travailler plus pour gagner plus. »
Après, Nicolas Sarkozy « joue avec le feu et prend un risque électoral suicidaire », estime Claude Goasguen, député UMP de Paris. Nicolas Dupont-Aignan, ex-UMP, croit désormais avoir un créneau devant lui après le ralliement de De Villiers à la majorité présidentielle. Alors il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : « Le président est en train de scier la branche sur laquelle il a été élu. Il faut s'organiser pour préparer l'avenir. »
Or, les coups médiatico-politiques, le président paraît les multiplier au fur et à mesure que monte la contestation. Hier, après avoir refusé la semaine dernière, lors de son voyage en Moselle, de tenir ses promesses de rencontres avec les salariés d'ArcelorMittal, il a effectué une visite éclair sur le site de Gandrange. Il n'y a vu personne, sauf les salariés qui étaient là par hasard. Pas de risques inutiles, mais, selon la députée PS Aurélie Filippetti, « une astuce ».
Au même moment, le premier ministre réunissait à Matignon la conférence nationale des exécutifs regroupant les élus locaux : Objet : recueillir des avis sur la réforme des collectivités locales. Il serait temps.

