Après
le licenciement
de quatre agents, la CGT et les salariés d'ERDF
et
de GRDF
de Midi-Pyrénées se mobilisent pour leur réintégration.
Une
grève a éclaté à Toulouse. Des recours aux prud'hommes seront déposés
dans les jours
qui viennent.
Rodolphe
Barres, Jean Chailan, Didier Desjacques, Laurent Goudy. Trois agents
d'ERDF et un de GRDF (les filiales de distribution d'EDF et de GDF
Suez) de la région Midi-Pyrénées. Quatre militants CGT et aujourd'hui
quatre licenciés. « Quatre vies brisées », a écrit mercredi soir, dans
un communiqué, la CGT énergie. Officiellement, ces salariés ont été mis
à la retraite d'office. Une sanction prise dans le cadre d'une
procédure disciplinaire engagée par la direction régionale qui les
accuse « d'abandon de poste » ou encore « de dégradations ».
« une direction revancharde »
Les intéressés, soutenus par leur syndicat et jeudi dernier encore
par 1 500 de leurs collègues qui ont participé à un rassemblement à
Toulouse, ont toujours contesté les faits. « Les dossiers sont vides.
Les instructions ont été menées uniquement à charge. Alors même que la
direction est censée respecter le devoir de réserve et la présomption
d'innocence, elle n'a cessé de diffuser des tracts dans lesquels elle
qualifiait de “voyous” nos camarades », dénonçait, la semaine dernière
encore, dans nos colonnes, le coordinateur régional de la CGT, Marc
Courdes. Pour le syndicaliste, les licenciés « sont des otages choisis
au hasard par une direction revancharde qui n'a pas digéré notre lutte
victorieuse ». En avril dernier, après plusieurs semaines de lutte, les
agents de la région Midi-Pyrénées ont en effet obtenu l'abandon de
l'externalisation de la maintenance du réseau de distribution de
l'électricité et du gaz, épargnant par là même plusieurs centaines
d'emplois. « Un camouflet » pour la direction régionale chargée
d'expérimenter là un projet qui avait vocation à être appliqué
nationalement. Pire, pour la direction, les agents ont obtenu
l'embauche de 140 personnes.
À Toulouse, où l'annonce des quatre licenciements a fait l'effet
d'une bombe, les agents d'ERDF et de GRDF étaient hier en grève. « Nous
nous battrons jusqu'au bout pour que justice soit rendue à nos
camarades », explique Marc Courdes. Outre des recours devant les
prud'hommes, des actions immédiates, notamment des coupures ciblant des
zones industrielles, étaient envisagées.Si « la répression syndicale »
est particulièrement aiguë en Midi-Pyrénées ou deux autres agents sont
encore menacés de licenciement, elle n'épargne pas le reste de la
France. Au niveau national, ce sont 240 procédures disciplinaires
qualifiées de « tribunaux d'exception » et de « procès staliniens » par
le secrétaire général de la CGT énergie, Frédéric Imbrecht, qui ont été
lancées. Déjà, des mises à pied ou des rétrogradations ont été
prononcées.
« des sanctions inacceptables »
Les quatre licenciements ont provoqué une vive réaction du PCF, qui
a accordé son soutien aux salariés concernés. Le député européen de la
Gauche unitaire européenne Patrick Le Hyaric a dénoncé « des sanctions
inacceptables », affirmant qu'« on licencie des salariés parce qu'ils
ont voulu affirmer leurs droits et la promotion d'un service public de
qualité ». À l'instar de la CGT, tous dénoncent l'attitude du
gouvernement et du patronat qui « devant les résistances à leur
politique, ont clairement choisi la voie de la répression ». En avril,
François Fillon et plusieurs de ses ministres avaient à plusieurs
reprises réclamé « des sanctions » contre les agents d'EDF et de GDF.
Pierre Henri Lab
l'Huma du 30 / 10 / 09