D'autant que les sujets de mécontentement à l'égard du président ne manquent pas, même s'il n'est pas le seul responsable : personnalisation et présidentialisation obligent, c'est aussi lui qui prend les retours de bâton. Procès Clearstream, affaire Frédéric Mitterrand, propos attribués à Brice Hortefeux avec l'aval de l'Élysée, votation sur La Poste, débat sur le déficit budgétaire, taxe carbone… les critiques se font d'autant plus vives qu'elles sont directement proportionnelles à la chute du couple exécutif Sarkozy-Fillon dans les sondages.

En particulier dans le cœur de cible du sarkozysme : les personnes âgées de plus de soixante-cinq ans, les catégories supérieures et les sympathisants de droite. Certitudes aussi qu'on n'est pas au bout du tunnel sur les dossiers les plus fondamentaux actuels ou à venir : chômage, remontée de la délinquance, réforme des retraites… Or, le chef de l'État perd de sa crédibilité en raison de sa posture, et le recours à l'ouverture à des personnalités oblitérées à gauche semble s'essouffler. Manque une ligne après l'usure à grande vitesse du slogan : « Travailler plus pour gagner plus. »

Après, Nicolas Sarkozy « joue avec le feu et prend un risque électoral suicidaire », estime Claude Goasguen, député UMP de Paris. Nicolas Dupont-Aignan, ex-UMP, croit désormais avoir un créneau devant lui après le ralliement de De Villiers à la majorité présidentielle. Alors il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : « Le président est en train de scier la branche sur laquelle il a été élu. Il faut s'organiser pour préparer l'avenir. »

Or, les coups médiatico-politiques, le président paraît les multiplier au fur et à mesure que monte la contestation. Hier, après avoir refusé la semaine dernière, lors de son voyage en Moselle, de tenir ses promesses de rencontres avec les salariés d'ArcelorMittal, il a effectué une visite éclair sur le site de Gandrange. Il n'y a vu personne, sauf les salariés qui étaient là par hasard. Pas de risques inutiles, mais, selon la députée PS Aurélie Filippetti, « une astuce ».

Au même moment, le premier ministre réunissait à Matignon la conférence nationale des exécutifs regroupant les élus locaux : Objet : recueillir des avis sur la réforme des collectivités locales. Il serait temps.