| samedi 28 juillet 2007, a 21:20 |
| Une femme battue condamné avec sursis . |
de Hélène Foyer
Molestée par son mari, une femme a été condamnée jeudi
à Dunkerque à trois mois de prison avec sursis pour avoir soustrait ses
enfants à leur père. Une décision de justice d’autant plus
incompréhensible que les femmes battues sont désormais cause nationale.
Inacceptable, en tous cas, pour Mauricette Sauvignon, vice-présidente
de la Fédération nationale Solidarité femmes.
Après avoir quitté le domicile familial avec ses
enfants, une femme victime de violences conjugales a été condamnée
jeudi à trois mois de prison avec sursis et devra s’acquitter d’une
amende de 800 euros. La décision du tribunal de Dunkerque suscite
beaucoup d’incompréhension, notamment du côté des associations.
"Avec des enfants, il y a problème"
"C’est complètement différent pour les femmes battues
sans enfants. LÃ , parce que cette femme a des enfants, cela pose
problème. Si elle reste au domicile, les services sociaux peuvent
décider de placer les enfants, mais si elle part de son propre chef, on
lui reproche de les soustraire à l’autorité de leur père", déplore
Mauricette Sauvignon, vice-présidente de la Fédération nationale
solidarité femmes, qui représentait la mère de famille pendant
l’instruction. Avant de souligner que les enfants constituent surtout
un moyen pour le père de se manifester auprès de la mère.
C’est début 2003 que la jeune femme entre en contact
avec Sedire, une association basée à Dunkerque, membre de la Fédération
nationale solidarité femmes. Battue par son mari, elle vient de quitter
le domicile conjugal, emmenant avec elle ses enfants. Les faits de
violence sont avérés, par sept jours d’interruption de travail. On lui
trouve un logement à Dunkerque, loin de son mari.
Au mois de juillet de la même année, la mère de famille
se rend à Nice, où des proches peuvent l’aider. Une procédure de
divorce est en cours. En 2004, elle obtient la garde exclusive de ses
enfants. Deux ans plus tard, après plusieurs reports d’audience, alors
que le divorce doit être prononcé, l’avocate de son mari demande
l’annulation de la procédure. Raison invoquée�: l’adresse indiquée par
la mère n’est pas celle où vivent les enfants. C’est vrai�: pour se
protéger, elle a donné l’adresse de l’association. La requête est
acceptée.
Sedire et la jeune femme ont donc comparu une première
fois, en décembre 2006, devant le tribunal de Dunkerque, qui a rendu
son verdict cette semaine. L’association a été relaxée, la mère
condamnée, pour "soustraction d’enfants". Un jugement bien mal compris
par Mauricette Sauvignon�: "Nous sommes tombés de haut, alors que le
problème semblait avoir été clairement posé durant l’audience". La mère
a immédiatement fait appel.
5http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=13026
De : pixotte
vendredi�27�juillet�2007
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