L’homme le plus riche du monde s’appelle Carlos
Slim. Sa fortune s’élève à 59 milliards de dollars, un milliard de plus
que celle de Bill Gates, le patron de Microsoft, et trois fois le PIB
du Soudan, qui compte 42 millions d’habitants. Magnat des
télécommunications, Carlos Slim est aujourd’hui le principal
actionnaire des plus importants groupes du Mexique. L’ensemble de ses
participations représentent près de 5 % du PIB mexicain en 2006, tandis
que les sociétés qu’il contrôle représentent près d’un tiers des 422
milliards de dollars circulant à la Bourse mexicaine, selon les calculs
du magazine américain Fortune.
Si certains chiffres nous rendent incrédules, il en est
d’autres qui ne peuvent que nous révolter. En cet été 2007, un milliard
de personnes vivent toujours avec moins d’un dollar par jour. 100 000
êtres humains meurent de faim ou de ses conséquences immédiates chaque
jour dans le monde. 1 enfant de moins de 10 ans meurt toutes les 5
secondes de cette même cause. Selon le rapport annuel de l’organisation
pour l’alimentation et l’agriculture, 842 millions d’hommes et de
femmes souffrent de malnutrition chronique aggravée, un chiffre en
constante augmentation. Pourtant, il est avéré que l’agriculture
mondiale peut, à l’heure actuelle, nourrir dans de bonnes conditions 12
milliards d’individus, soit près du double de la population mondiale !
Ces quelques chiffres aberrants font dire à Jean Ziegler, rapporteur
spécial auprès des Nations unies sur le Droit à l’alimentation, auteur
de L’Empire de la honte que « chaque enfant qui, aujourd’hui, meurt de
faim est, en réalité, assassiné ».
Les assassins sont parmi nous. Ce sont ces « 500
multinationales qui contrôlent 52 % du PIB mondial », « ne
s’intéressent absolument pas au sort des pays dans lesquels elles sont
implantées », « mènent une politique de maximalisation des profits et
assoient leur pouvoir par la corruption des dirigeants ».
Le Brésil constitue un cas d’école des ravages du
capitalisme néolibéral. Depuis 1975, les paysans brésiliens ont
défriché la forêt vierge et ses arbres gigantesques, sur une surface
équivalant à la France et au Portugal réunis, pour y cultiver du soja,
au point que le Brésil en est devenu le premier producteur mondial. Or,
le soja appauvrit la terre amazonienne. Un soja qui est ensuite exporté
massivement vers l’Europe, où il sert à nourrir… les cheptels, et, en
particulier, les poulets. Pendant ce temps-là , les paysans souffrent de
malnutrition chronique (comme 25 % des Brésiliens), et vivent dans une
telle misère qu’ils doivent puiser leur eau - à boire - dans des mares
polluées, à leurs risques et périls.
Au Brésil comme ici, ce sont les multinationales qui
font la loi. 85 % de la filière agro-alimentaire brésilienne est aux
mains de groupes comme Monsanto, Novartis, Danone ou Nestlé. Nestlé qui
a fait grimper son bénéfice net de 11,4% à 2,63 milliards d’euros au
premier semestre 2006… Au total, le chiffre d’affaires du numéro un
mondial de l’alimentaire a augmenté de 11% à 29,8 milliards d’euros !
Au milieu du chaos du monde, les profits des
multinationales continuent d’exploser. Le sidérurgiste allemand
Thyssen-Krupp vient d’annoncer un résultat trimestriel avant impôts de
1,22 milliard d’euros, contre 806 millions d’euros un an plus tôt. Son
chiffre d’affaires a augmenté de 11% à 13,34 milliards d’euros. Le
groupe aérien Air France-KLM a annoncé, jeudi 9 août, un bénéfice net
de 415 millions d’euros au premier trimestre 2007, en hausse de 70,1 %
par rapport aux 244 millions d’euros dégagés sur la même période en
2006. Les maîtres du monde pavoisent. En vacances à Wolfeboro dans une
maison de près de 2000 m² appartenant à Mike Appe, ancien dirigeant de
Microsoft, qu’il loue 30 000 $ par semaine, Nicolas Sarkozy a rencontré
George Bush. Les baisses d’impôts accordées par le président américain
aux contribuables fortunés se sont élevés à 2600 milliards de dollars.
Du jamais vu…
Partout, dans une atmosphère de revanche sociale, les
maîtres du monde et leurs valets organisent la division des classes
populaires et démantèlent les dernières barrières de l’Etat-providence
pour instaurer la dictature des marchés.
La France compte 7 millions de travailleurs pauvres,
plus d’un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500.000 de
l’allocation solidarité. Indifférents aux ravages du capitalisme,
Nicolas Sarkozy et François Fillon ont multiplié les cadeaux fiscaux
aux riches, planifié des milliers de suppressions de postes dans la
fonction publique et remis en cause le droit de grève. Leurs priorités
ne sont décidément pas les nôtres…
Les assassins sont parmi nous. Mais leur force
apparente ne repose que sur du sable et déjà , au Venezuela ou en
Bolivie, les peuples se soulèvent contre la barbarie capitaliste et
inventent une autre société.
Chez nous aussi, Sarkozy et son gouvernement peuvent
être défaits. Première étape d’une lutte qui ne fait que commencer, la
rentrée sociale doit être placée sous le signe de la résistance et de
l’espoir. Résistance et espoir : avec le Parti communiste, ces deux
mots peuvent se conjuguer au présent.
David Noël
Liberté 62, n°770 du vendredi 17 au jeudi 23 août 2007 http://www.liberte62.com http://www.lheninois.com
De : David Noël
vendredi 17 août 2007
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