| mercredi 22 août 2007, a 11:11 |
| Non aux franchises médicales,oui à la gratuité des soins . |
Mis en ligne : 22 août
En pleine période de congés, Nicolas Sarkozy justifie la mise en place
d’une franchise médicale pour financer son plan cancer et Alzheimer.
Entretien avec Isabelle Lorand, co-animatrice du collectif santé
à la direction du PCF.
Communistes
Le gouvernement
veut instaurer
une franchise médicale sur les
soins et les médicaments. Pour le
PCF il s’agit d’une mesure injuste
et inefficace.
De réformes en réformes, les dépenses
de santé non remboursées
n’ont cessé d’augmenter. On les
estime à 240 euros en moyenne
par personne et par an. Et jusqu’Ã
1 000 euros pour 900 000 d’entre
nous (1). Le montant de la franchise - 50 euros par an et par foyer - peut paraître modeste. Chacun
sait que ça, c’est au début… Mais
si le choix a été de créer des franchises,
plutôt que d’augmenter les
forfaits, c’est que l’esprit même de
la franchise est une rupture idéologique
et politique. Jusqu’à présent
il était admis que les dépenses
de santé étaient prises en charge
par la solidarité. Les forfaits
étaient présentés comme des réponses
transitoires au déficit de la
sécu. Les franchises introduisent
une dimension nouvelle par la
création d’un « véritable octroi
pour la santé ». Comment qualifier
autrement cette mesure qui
pose en principe de base le fait de
payer, de ne pas être remboursé,
pour accéder aux soins. Il s’agit
d’une remise en cause du principe
fondateur de la Sécurité sociale
« Tous cotisent en fonction de
leurs moyens. Et chacun en profite
quelques soient ses besoins ». Et
comme seules les assurances privées
pourront rembourser les
franchises, en filigrane, c’est ce
marché qui se dessine.
Le financement
des dépenses de
santé reste cependant en débat ?
Les dépenses de santé augmenteront.
Simplement parce que l’espérance
de vie augmente, les
moyens de soigner se développent….
C’est pourquoi les mesures
qui visent à les réduire en « responsabilisant
» les malades ne
peuvent pas marcher.
D’abord il y a les recettes. Elles
dépendent de la répartition des richesses
de notre pays. Si on augmente
les salaires, on relance l’emploi…
si on taxait le capital financier…
alors le trou de la sécu
deviendrait un mauvais souvenir.
Et puis, il y a ce qui fait l’état de
santé d’une population : la prévention.
Les conditions de vie, de
travail, l’environnement, l’alimentation…
sont les enjeux colossaux
pour diminuer la fréquence du
cancer, du diabète, de l’obésité et
peut-être même de la maladie
d’Alzheimer. Ce n’est évidemment
pas la logique de la société
actuelle. J’en suis sûre : le marché
c’est ringard. La modernité c’est
la gratuité dans la santé. Parce que
l’évolution de la civilisation passe
par l’investissement solidaire dans
les activités indispensables Ã
l’homme : école, culture, santé….
Avec de nombreuses
organisations,
le PCF est engagé dans
l’action contre l’instauration de
la franchise médicale. Quelles initiatives
pour les semaines Ã
venir ?
C’est grave, il faut tout faire pour
mettre ce projet en échec. Pour
réussir un rassemblement large est
indispensable. Cela passe par tous
les moyens qui permettent d’informer,
de prendre la mesure de ce
qui ce joue. Le PCF pour sa part
est à l’initiative de nombreuses
rencontres-débats. Cela passe
aussi par l’unité de toutes les organisations,
associations, syndicats…
C’est le sens de la création
d’un collectif national - constitué
d’environ 40 organisations - qui
appelle le 29 septembre à une
journée contre les franchises. Ce
collectif invite à une rencontre lors
de la fête de l’Huma (2). Enfin, des
personnalités ont lancé une pétition
nationale (3) qui rassemble
déjà plusieurs dizaines de milliers
de signatures. Le PCF appelle
tous ses adhérents à la signer. Les
franchises médicales ne sont vraiment
pas populaires. Ce combat
peut être l’occasion de mettre un
sérieux bâton dans les roues de
Sarkozy et de sa politique.
Propos recueillis par
Patrice Falguier
1Communistes N° 273 - 22 août 2007
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