| jeudi 27 septembre 2007, a 07:50 |
| Un des membre du MEDEF suspecté . |
Un des membres les plus éminents du MEDEF suspecté d’avoir piqué 5,6 millions d’euros dans la caisse…
Denis Gautier-Sauvagnac aurait soutenu
que les sommes en cause étaient destinées aux oeuvres sociales de la
métallurgie, et plus particulièrement aux retraités ou malades du coeur.
Bouchon/Le Figaro.
La justice se penche sur les comptes d’une branche patronale
de ÉRIC DECOUTY
Entre 2000 et 2007, Denis Gautier-Sauvagnac, à la tête
de l’Union des industries des métiers de la métallurgie, aurait retiré
en liquide 5,6 millions d’euros des caisses de cet organisme.
LE DOSSIER est depuis quelques jours sur le bureau du
procureur de la République de Paris et Jean-Claude Marin devra
rapidement décider des suites judiciaires à lui donner.
Denis Gautier-Sauvagnac, un des membres les plus
éminents du patronat (Medef), également vice-président de l’Unedic,
l’assurance-chômage, est suspecté d’avoir sorti 5,6 millions d’euros
des caisses de son organisation patronale.
Cette procédure, suivie en haut lieu, est la suite
d’une longue et minutieuse enquête de Tracfin, la cellule de lutte
contre le blanchiment du ministère de l’Économie et des Finances. Selon
les limiers de Bercy, entre 2000 et 2007, Denis Gautier-Sauvagnac
aurait retiré en liquide 5,64 millions d’euros du compte de l’Union des
industries et métiers de la métallurgie (UIMM), l’influente structure
patronale dont il est aujourd’hui le président, après en avoir été
délégué général et vice-président (voir ci-dessous).
Tout commence il y a quelques années, dans une agence
parisienne de la BNP. Un responsable de la banque constate que Denis
Gautier-Sauvagnac a pris l’habitude d’effectuer d’importants retraits
en liquide. Le responsable patronal se charge lui-même des opérations
ou, parfois, délègue sur place une assistante ou un proche
collaborateur qu’il a dûment missionnés. Le cadre de la BNP se montre
d’autant plus intrigué que les retraits atteignent parfois 150 000
voire 200 000 euros.
La banque décide alors d’interroger Denis
Gautier-Sauvagnac sur les raisons de ces débits du compte de l’UIMM. Il
aurait alors expliqué que ces fonds étaient consacrés aux œuvres
sociales de la métallurgie et plus particulièrement aux retraités ou
malades du secteur. Convaincus ou non par ces explications, les
dirigeants de la BNP, respectant les obligations en matière de lutte
contre le blanchiment, décident de saisir Tracfin, le service
spécialisé.
Sous les regards attentifs des trois derniers ministres
de l’Économie et des Finances, Nicolas Sarkozy, Thierry Breton et
Christine Lagarde, les investigations de Tracfin ont largement
prospéré. Elles montreraient que les retraits se seraient poursuivis
jusqu’au début de cette année, selon le même mode opératoire, pour
atteindre un montant global de 5,64 millions d’euros. Considérant ces
faits suffisamment troublants et après avoir obtenu le feu vert du
cabinet du ministre, Christine Lagarde, Tracfin vient donc de
transmettre le dossier au parquet de Paris.
« Patate chaude »
Il appartient désormais à la justice de vérifier les
comptes de l’UIMM, dont les dirigeants ne manqueront pas de faire
valoir qu’ils ont été approuvés chaque année par les commissaires aux
comptes. La justice devra surtout tenter de déterminer les éventuels
destinataires des millions d’euros retirés en liquide. Selon une source
proche du dossier, « étant donné l’importance des sommes en jeu, toutes
les hypothèses sont permises ».
Aujourd’hui, deux options s’offrent au procureur de la
République de Paris : ouvrir une enquête préliminaire confiée à la
police judiciaire ou bien transmettre directement l’affaire à un juge
d’instruction. « C’est une patate chaude », confie un magistrat,
précisant que « rien ne sera décidé sans l’accord du garde des Sceaux. »
Joint hier par Le Figaro, Denis Gautier-Sauvagnac a
réfuté tous les soupçons. « Le nom de l’UIMM ne peut en aucun cas être
mêlé à Tracfin », nous a-t-il déclaré .
Si la justice le lui demande, il se tient toutefois prêt à livrer son témoignage.
5http://www.lefigaro.fr/france/20070… |
|