| jeudi 27 septembre 2007, a 22:20 |
| François Fillon ne connaît pas sa propre loi ! |
Par Régis TRILLES le jeudi 27 septembre 2007, 21:26 - Retraites
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RETRAITES : Le premier ministre martèle que le passage à quarante et un ans de cotisations est prévu par la loi. Faux, rétorquent les syndicats.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, déclare dans un entretien au Monde daté d'aujourd'hui, vivre «comme une provocation» les déclarations de François Fillon sur les retraites. Le premier ministre a estimé, mardi, que des « ajustements » étaient probables concernant le dispositif «carrières longues» qui a permis à 500 000 salariés qui ont commencé de travailler très jeunes de partir en retraite avant soixante ans.
La
CFDT avait approuvé la réforme de 2003 en échange de cette mesure,
jugée aujourd'hui trop coûteuse par le chef du gouvernement, et de la
promesse d'ouvrir des négociations sur la reconnaissance de la
pénibilité du travail. MEDEF et gouvernement ayant freiné des quatre
fers, cette négociation, commencée avec un an et demi de retard, a été
suspendue un an, avant de reprendre début avril.
Lors d'une séance qui a eu lieu hier, la CFDT et la CGT ont demandé que les discussions soit achevées avant la fin de l'année, date du rendez-vous prévu sur les retraites. Si le gouvernement « touche à ces éléments, la CFDT s'opposera à la réforme ", prévient François Chérèque.
La
centrale risque de se retrouver dans une situation embarrassante si
les deux contreparties qui ont amené sa signature au bas d'un texte qui
lui a coûté si cher sont aujourd'hui remises en cause. Plusieurs
dizaines de milliers de militants ont quitté la CFDT suite à son
acceptation de la réforme de 2003 qui a allongé la durée de cotisation
des fonctionnaires de 37,5 à 40 ans et programmé un allongement
progressif pour tous les salariés à 41 en 2012, puis 42.ans.
Mais
la loi prévoyait aussi que toute nouvelle étape ne serait décidée
qu'après examen d'un certain nombre de données par le conseil
d'orientation sur les retraites, devant être soumis au rendez-vous
prévu en 2008 avec les partenaires sociaux.
Or le premier ministre a asséné mardi que " l'augmentation de la durée de cotisation à 41 ans n'est pas une option. elle est prévue par la loi». En martelant que le passage à 41 ans est décidé, François Fillon ne respecte donc" ni l'esprit ni la lettre de sa propre loi », dénonce la CFDT, tandis que Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, s'est déclaré mardi soir " surpris que le premier ministre ne connaisse pas le texte qu'il a fait voter en 2003 ».
De son côté, la FSU, dont la participation au mouvement social de 2003 contre la réforme avait été importante, considère que cette annonce « réduit à néant l'intérêt du rendez-vous de 2008 ».
La fédération, majoritaire chez les enseignants, développe l'idée que« l'annonce brutale »du passage à 41 annuités constitue un « déni de réalité » , qui ne tient aucun compte de « la fatigue au travail ou de la santé ». Une étude de la Caisse nationale d'assurance vieillesse montre en effet que les salariés" attendent la retraite avec impatience ".
Face à cette situation, le gouvernement prend les devants en présentant comme inéluctable le passage à 41annuités.
Ce faisant, le premier ministre apporte de l'eau au moulin aux syndicats et aux partis politiques de gauche qui considèrent
que la rapidité avec laquelle Nicolas Sarkozy entend aligner les
régimes spéciaux vise à préparer de nouveaux sacrifices pour tous en
2008.
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