Hier à l'Assemblée nationale, les députés ont adopté définitivement la
loi de finances de la Sécurité sociale. Cette loi instaure les «
franchises médicales ». Pas de pitié pour les pauvres ! C'est dès le
1er janvier prochain que les assurés auront à débourser 50 centimes sur
chaque boîte de médicaments, 50 centimes pour chaque acte paramédical,
et 2 euros sur chaque transport sanitaire. Ces franchises - que
l'inspirateur de la loi dans sa grande bonté a plafonnées à 50 euros
annuels - devront rapporter 850 millions d'euros par an au budget. La
ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a justifié cette mesure en
affirmant qu'elle permettait la « responsabilisation » des assurés.
C'est sans doute aussi pour « responsabiliser » les petits préretraités
qu'ils voient, à partir du 10 octobre de cette année, leur petite
pension imposée de 7,5 % de CSG.
Mais on se souvient que, pour faire
passer la pilule des franchises, et sur injonction de la Cour des
comptes, la majorité sarkozyste avait donné son accord pour une
taxation des stock-options. Pas une taxe bien grave ni dissuasive, 2,5
% sur les plus-values… Mais c'est encore trop pour les députés du
président. Ils l'ont assorti d'une mesure qui en repousse de quatre ans
son effectivité ! Ce n'est que dans quatre ans que les détenteurs de
stock-options se verront imposés. Quand, comme l'ex-PDG de Vinci
Antoine Zacharias, on part avec une retraite chapeau de 2,2 millions
d'euros annuelle et 173 millions d'euros de stock-options, pour payer
ses 2,5 % de taxe, il faut bien disposer de quatre ans pour se
retourner ! C'est l'équité, selon Sarkozy.