Projet de fusion UNEDIC – ANPE : Agence pour l'Emploi ou Réservoir de chômeurs ?

Mis en ligne : 29 novembre
A
plusieurs reprises, les élus du groupe communiste Rhône-Alpes ont
signifié leur opposition au projet de fusion UNEDIC / ANPE annoncé pour
la fin 2007. La grève nationale des agents et personnels des ASSEDIC et
de l'ANPE ce mardi 27 novembre est là pour prouver que ce projet
inquiète et se fait sans concertation de la part du gouvernement. Ils
souhaitent aujourd'hui souligner l'impact qu'une telle fusion aurait
sur les actions régionales et les dispositifs territorialisés de la
Région : volet économique des CDRA et plans d'actions des Contrats
Territoriaux Emploi Formation, qui eux veulent agir vraiment, au plus
près des bassins d'emplois et de vie.
L'ANPE
et les salariés privés d'emploi subissent depuis 20 ans les effets de
réformes des conventions ANPE/ETAT/UNEDIC qui visent à détruire le
Service public de l'emploi en réduisant son efficacité d'action dans le
placement des salariés. Depuis 20 ans, l'ANPE s'est vue retirer ses
missions premières qui consistaient à accompagner le retour à l'emploi.
Elle est aujourd'hui considérée comme un guichet voué à placer une main
d'œuvre bon marché, de plus en plus fréquemment sous contrats précaires
et contre son gré - pour faire baisser plus vite le taux de chômage -
auprès d'employeurs eux-mêmes soumis aux donneurs d'ordres, aux besoins
immédiats, aux lois du marché et à une concurrence acharnée.
La fusion annoncée va entraîner la disparition de
plusieurs milliers d'emplois au sein des agences ANPE, la remise en
cause des garanties statutaires avec des dégradations des conditions de
travail aux conséquences humaines graves pour les salariés.
Inévitablement cette fusion aura un impact sur le fonctionnement des
ASSEDIC et le risque d'une « rationalisation » (entendez suppression !)
des effectifs est bien réel.
Les élus régionaux communistes ne peuvent que souhaiter
une meilleure coordination entre l'ANPE et les ASSEDIC. Cette
articulation n'a pas besoin d'une fusion. L'objectif premier de Sarkozy
/Medef / Bertrand / Parisot est d'aider le patronat (qui fait déjà la
loi dans l'organisme paritaire UNEDIC) à mettre la main sur le service
public ANPE et par là, de mettre la main sur le « placement » des
personnes en recherche d'emploi et les chômeurs.
On sait qu'à terme sera demandé aux conseillers –
orienteurs - prescripteurs de proposer 2 offres d'emploi sur les seuls
métiers dits « en tension », et que si vous refusez ces 2 offres qui ne
tiendront compte ni de vos aspirations, ni de vos qualifications,
l'ANPE ne vous suivra plus et les ASSEDIC vous radieront !
Voilà le véritable projet du patronat : disposer d'une main d'œuvre corvéable, serviable et jetable à merci !
Pour les usagers, cette fusion signifiera la mise en
place de « guichets uniques », c'est-à-dire de locaux communs
ANPE/ASSEDIC conditionnés à l'inscription au chômage. La fermeture des
agences locales ne permettra plus de mettre à disposition de tous les
citoyens, comme l'exige le principe d'égalité, un service public de
l'emploi de proximité.
A cela s'ajoute le fait que les cotisations directes et
indirectes des salariés gérées par l'UNEDIC sont détournées de leur
destination qui consiste à assurer aux chômeurs un revenu de
remplacement leur permettant de vivre dignement et leur donnant les
moyens de chercher un travail – il s'avère que seulement moins de la
moitié des chômeurs sont indemnisés par l'assurance chômage !!!!
Concernant l'immensité des besoins de formations
professionnelles et continues, les conseillers régionaux communistes
dénoncent le désengagement de l'Etat et des entreprises. En
Rhône-Alpes, dans la majorité des 27 Contrats Territoriaux Emploi
formation qui maillent les 8 départements, ces instances partenariales
de terrain sont la plupart du temps boycottées par le patronat, les
chambres consulaires, les ASSEDIC. Dans un tel contexte, les ANPE qui
sont aujourd'hui des interlocuteurs importants des CTEF seront incitées
à réduire leur implication aux seins de ces structures territoriales.
Il est à relever l'actuelle tendance des ASSEDIC à
financer des formations sur les métiers en tension. Ces désengagements
successifs aboutiraient à laisser SEULE la Région Rhône-Alpes et au
delà, les 22 régions françaises, assumer les besoins de formation des
publics éloignés de l'emploi ou sans diplômes dans un contexte
budgétaire extrêmement difficile dû aux diminutions drastiques des
dotations budgétaires de l'Etat.
Parallèlement, on peut relever l'extrême faiblesse des
plans de formation au sein des entreprises, les difficultés rencontrées
par les salariés pour activer le DIF (Droit Individuel à la Formation)
et les montants considérables non utilisés chaque année des crédits du
FONGECIF, censés financer les besoins de formation des salariés.
Les élus communistes du Conseil Régional Rhône-Alpes
exigent le retrait du projet de fusion ainsi que le maintien des
agences de l'ANPE dans les 8 départements. Ils rappellent que l'ANPE
est un établissement public à caractère administratif, un Service
public de l'emploi sans monopole, au service de tous les citoyens, qui
ne peut donc pas être mis en concurrence et qu'il n'a pas pour vocation
de devenir ni une entreprise privée, ni un cabinet de recrutement
concurrentiel.
Assurer à chacune et chacun un bon emploi ou une bonne
formation pour un meilleur emploi, avec une garantie de droits et de
revenus élevés ne pourra se faire qu'en s'appuyant sur un service
public national de l'emploi, de la formation dont l'ANPE, les Missions
locales, les ASSEDIC, le SPE (DDEFP), l'AFPA, les GRETA, les CNAM, les
CUEFA, en partenariat avec les régions qui activent des politiques
économie – emploi – formation - insertion.
Jean-Michel BOCHATON
Président du Groupe Communiste de la Région Rhône-Alpes
Conseiller Régional de la Drôme
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