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Monsieur le Président, Madame la Ministre, Mes chers collègues,
Depuis plusieurs semaines un fort mécontentement grandi
dans nos universités parmi les étudiants, les enseignants et les
personnels, et ce mouvement s ‘étend aujourd'hui dans nos lycées.
Nous comprenons ces inquiétudes qui s'expriment contre
votre loi en faveur d'une fausse autonomie des universités. Nous sommes
solidaires de cette contestation qui, quelle que soit sa forme, ne fera
que s'étendre. Nous avons combattu cette loi que vous avez fait voter à
la hussarde, en plein été, en urgence.
Nous sommes toujours opposés à son application car elle
ne répond ni aux défis de notre temps, ni aux besoins urgents de nos
universités. Même si le pire n'est jamais assuré, et malgré vos
démentis, cette loi porte en elle, la mise en concurrence des
universités et le désengagement de l'Etat. Il y aura les facultés
d'élites sélectionnant leurs étudiants et la grande masse des
universités devant se contenter de maigres subventions d'Etat et du
soutien rendu toujours plus nécessaire des collectivités locales.
Cette loi casse aussi la vie démocratique universitaire
au seul profit des places offertes aux entreprises et d'un pouvoir
renforcé des Présidents. Elle précarise, enfin, l'ensemble des
personnels universitaires. Pendant des semaines vous avez parié sur le
pourrissement du mouvement. Il est pourtant toujours là, et il vous a
contraint à faire une série de propositions pour, dite-vous, encadrer
votre loi.
Vous reconnaissez donc, là, les risques qu'elle
portait. Nous vous invitons à aller plus loin dans sa remise en cause.
Vous avez, aussi, faits un geste concernant la vie étudiante, admettant
ainsi l'urgence sociale que vous refusiez d'entendre.
Mais tout cela reste très, très insuffisant et en
l'état de promesses. Alors, et c'est ma première question, allez vous
augmenter votre budget 2008, trop faible pour y faire face ?
Vos annonces d'augmentation ne servent qu'à boucher les
trous de dépenses engagées. Enfin, Madame la Ministre, plutôt qu'un
protocole, sans valeur, signé par le Premier ministre avec les
Présidents d'Université, êtes vous prête, et c'est ma deuxième
question, à engager la Nation dans une réelle réforme démocratique de
l'Université, en proposant une loi d'orientation et de programmation,
qui pourrait être préparée par des Etats généraux de l'Enseignement
supérieur ? |