Laïcité . La majorité s'entête sur
le financement des écoles privées par les communes.
Les
députés UMP et du Nouveau Centre ont refusé, hier, dans une ambiance
houleuse, à 228 voix contre 189 (PS, PCF et divers gauche) de débattre
de la proposition du socialiste Jean Glavany d'abroger l'article 89 de
la loi sur la décentralisation de 2004, qui oblige les municipalités à
participer au financement des écoles privées pour les enfants de ces
communes.
Cette brèche dans la laïcité, aux « conséquences juridiques et
financières incommensurables pour les communes concernées », a été
ouverte à la faveur d'un amendement socialiste du sénateur Michel
Charasse. « Notre collègue voulait éviter que certaines communes
rurales encouragent les enfants à fréquenter les écoles privées de
communes avoisinantes », a expliqué Jean Glavany, la commune de
résidence ne subissant aucune charge financière alors qu'elle devait
une contribution à la commune d'accueil si l'enfant fréquentait une
école publique. Problème : cette contribution a été étendue aux cas de
scolarisation dans le privé, mais sans reprendre les conditions
applicables à l'école publique (inscription dans une autre commune sur
raisons médicales, professionnelles ou familiales, sur accord préalable
du maire), avantageant ainsi l'école privée. La droite a depuis
confirmé cette lecture, malgré l'annulation d'une circulaire
d'application par le conseil d'État, en juin dernier.
Hier, le gouvernement a rejeté la proposition du PS, prétextant que
l'accord du maire était incompatible avec la liberté de choix des
parents. À l'inverse, Marie-Hélène Amiable (PCF) a estimé que « seul le
financement de l'école publique, laïque et gratuite devrait être pris
en charge par les collectivités ».
Sébastien Crépel
l'Huma du 28 / 11 / 07