Énergie . Confirmée hier par le ministère de l'Économie, cette hausse de l'année 2008 augure mal de l'évolution du pouvoir d'achat dans les mois prochains.
L'addition s'annonce salée pour les ménages, même si la hausse des tarifs du gaz, pour 2008, sera moindre que celle demandée par GDF. Hier, le ministère de l'Économie a annoncé une augmentation de 4 % au 1er janvier alors que le gazier réclamait 6,1 %. « En matière de pouvoir d'achat, la politique de Nicolas Sarkozy, c'est : payer plus », a réagi le premier secrétaire du PS, François Hollande. Cette hausse de la facture énergétique, première de l'année 2008, intervient après celle des produits alimentaires de base, les transports (SNCF et RATP), les loyers ou encore les dépenses de santé. Le gouvernement tente donc de temporiser en expliquant qu'il a volontairement « limité » l'augmentation à « l'évolution des coûts d'approvisionnement de Gaz de France au cours des six derniers mois », ont indiqué, dans un communiqué commun, les ministères de l'Économie et de l'Écologie. GDF importe l'essentiel de son gaz. Les prix sont indexés sur ceux des produits pétroliers. Le baril de brut a augmenté tout au long de l'année 2007 et frôle aujourd'hui les 100 dollars le baril.
Chiffre d'affaires en progrè
« Pour un foyer moyen, l'augmentation de la facture de gaz induite ne sera que de l'ordre de 3 euros TTC par mois », minimise les ministres. Depuis quelques jours, Christine Lagarde rodait l'argumentation gouvernementale en expliquant que la dernière augmentation des tarifs régulés (fixés par l'État) remontait à mai 2006. De son côté, Gaz de France avait chiffré à quelque 950 millions d'euros le manque à gagner dû à ce gel des tarifs. Pourtant, en mars 2007, le groupe annonçait un chiffre d'affaires de 27,6 milliards d'euros, en progression de 21 %, et un résultat net en augmentation de 29 %. L'association Que choisir rappelait, hier matin, qu'entre « novembre 2004 et mai 2006 l'augmentation cumulée des prix du gaz pour les particuliers a atteint 35 % alors que, sur la même période, le chiffre d'affaires du groupe augmentait de près de 58 % et le résultat net de près de 70 % ».
Réduire l'écart avec Suez
Le 18 décembre dernier, GDF a lancé un programme de rachat d'actions
d'environ 1 milliard de dollars pour tenter de « réduire l'écart » de
valeur boursière avec Suez dans le cadre de la fusion prévue des deux
groupes. GDF réclamait une augmentation des tarifs de 6 % aussi (et
peut-être surtout) pour tenter de maintenir l'écart entre les titres
des deux groupes à moins de 5 euros par action comme ils l'étaient au
moment de l'annonce de la fusion, en septembre. Il s'est depuis creusé
à près de 7 euros. Les syndicats de GDF avaient immédiatement mis cette
décision en relation avec l'augmentation prévisible des tarifs, parlant
de « scandale financier » et expliquant que, si GDF possède 1 milliard
d'euros de réserve pour racheter ses actions, il n'a pas besoin de
demander une augmentation des tarifs.
Paule Masson
l' Huma du 28 / 12 / 07

