« La
morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler. […] Pour la
première fois depuis des décennies, la morale a été au coeur d'une
campagne présidentielle. »
« Mai 68 nous avait
imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68
avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait aucune
différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le
beau et le laid. […] Ils avaient cherché à faire croire qu'il ne
pouvait exister aucune hiérarchie de valeurs […] proclamé que tout
était permis, que l'autorité c'était fini, que la politesse c'était
fini, que le respect c'était fini, qu'il n'y avait plus rien de grand,
plus rien de sacré, plus rien d'admirable, plus de règle, plus de
norme, plus d'interdit. »
« Voyez comment
l'héritage de mai 68 a introduit le cynisme dans la société et dans la
politique. Voyez comment le culte de l'argent roi, du profit à court
terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme financier
ont été portées par les valeurs de mai 68. »
« Écoutez-la
cette gauche héritière de mai 68 qui est dans la politique, dans les
médias, dans l'administration, dans l'économie, cette gauche qui a pris
goût au pouvoir, aux privilèges […] qui n'aime pas la nation parce
qu'elle ne veut plus rien partager […] qui n'aime pas la République
parce qu'elle n'aime pas l'égalité […] qui, entre Jules Ferry et mai 68
a choisi mai 68. »
« Écoutez-la cette gauche qui
depuis mai 68 a cessé de parler aux travailleurs […] parce que la
valeur travail ne fait plus partie de ses valeurs, parce que son
idéologie à elle ce n'est pas l'idéologie de Jaurès (ou) de Blum qui
respectaient le travail, qui aimaient les travailleurs, son idéologie à
elle c'est l'idéologie du partage du travail, des 35 heures, de
l'assistanat. »
« Regardez comment les héritiers
de ceux qui en mai 68 criaient : ''CRS-SS'' prennent systématiquement
le parti des voyous, des casseurs et des fraudeurs contre la police. »
« Dans
cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de mai 68 doit être
perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. Je veux
tourner la page de mai 68. »
« L'idéologie de mai
68 sera morte le jour où, dans la politique française, on osera
proclamer que dans la République les devoirs sont la contrepartie des
droits. Ce jour-là sera enfin accomplie la grande réforme
intellectuelle et morale dont la France a une nouvelle fois besoin. »
Extraits du discours de Bercy,
dimanche 29 avril 2007.
l' Huma du 02 / 05 / 07