
Le
discours du Chef de l'Etat présentant les orientations contenues dans
le Livre Blanc laisse perplexe sur le grand flou entretenu sur les
objectifs de défense. Au service de quelle vision du monde ? La France
« grande puissance diplomatique et militaire ». Pourquoi faire ? Une
« force de 50 000 hommes projetable partout dans le monde. » Pour
protéger quels intérêts ? Nicolas Sarkozy le cache.
La décision de revenir dans le commandement militaire
intégré de l'Otan est prise sans consultation du Parlement, à qui on
promet de l'associer sur l'envoi de troupes en opérations extérieures.
Mais le précèdent récent sur l'Afghanistan contredit ce discours. Les
« certitudes » du Chef des armées quant à la prééminence de la
dissuasion nucléaire, « toujours efficace et utile », ne sont pas
démontrées.
La réorganisation en profondeur de notre outil de
Défense est conçue dans la vision d'un espace atlantiste et militarisé,
ou la France renonce à son indépendance en s'insérant dans le sillage
sinistre de la politique menée par les Etats Unis d'amérique. Les
réductions d'effectifs vont faire mal, très mal à la France, sans
projet de reconversion des bases et des territoires, sans consultation
des personnels et des élus. Les missions de soutien vont être
privatisées. Les conséquences sur l'emploi industriel et de service
risquent d'être douloureuses.
Parti communiste français
le 17 juin 2008 |