Après la Californie, sept autres
états sont en cessation de paiements : Arizona, Connecticut, Kentucky,
Mississippi, Caroline du Nord, Ohio et Pennsylvanie.
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La Californie en cessation de paiements.
Faute de budget, l'État californien en déficit va devoir payer ses factures au moyen de reconnaissances de dettes.
Des écoles en faillite, des professeurs licenciés, des
classes de vacances annulées, des cours de sport supprimés… Telles sont
quelques conséquences de la grave crise budgétaire que traverse l'État
de Californie, auxquelles s'ajoutent des réductions de prestations
sociales aux handicapés, la baisse du budget des prisons ou la
suppression de l'assurance médicale d'un million d'enfants. Étranglé
par un déficit de 26,3 milliards de dollars (18,7 milliards d'euros),
l'État n'a pas réussi à boucler son budget avant la date limite du 30
juin.
Conséquence : en quasi-cessation de paiements,
incapable de rembourser ses emprunts, le gouvernement devra payer ses
factures au moyen de reconnaissances de dettes («IOUs») qui devraient
être émises pour un total de 3 milliards de dollars - une mesure
inédite depuis dix-sept ans. Des citoyens de l'État devraient recevoir
ces titres, notamment ceux en attente de remboursements de trop-perçus
d'impôts, et pouvoir les échanger contre du cash dans certaines banques.
Le Parlement local n'est pas parvenu à un vote sur le
budget de l'État pour la nouvelle année fiscale. Or la Constitution
américaine est très stricte. Contrairement au gouvernement fédéral, les
États (en dehors du Vermont) n'ont pas le droit d'afficher de déficit.
Chaque année, en particulier depuis le début de la crise, ils doivent
donc s'évertuer à trouver un équilibre entre recettes fiscales et
dépenses publiques. Le gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger,
qui s'y efforce depuis des mois, y a échoué. «Les parlementaires n'ont
pas réussi à résoudre notre problème de budget, mais soyez assuré que
l'effacement de tout le déficit reste ma première et unique priorité et
que je n'aurai de repos tant que cette tâche ne sera pas accomplie»,
a-t-il affirmé dans un communiqué. Il a déclaré l'État californien en
situation d'«urgence fiscale».
Cette impasse est perçue comme l'échec personnel de
«Terminator» à faire face à la crise économique et à trouver un
compromis politique entre démocrates et républicains, entre réductions
budgétaires et augmentations des impôts. Les démocrates, majoritaires à
l'Assemblée, sont d'accord pour diminuer les dépenses, mais souhaitent
en même temps des hausses des taxes, que refusent les républicains. Si
une solution n'est pas trouvée dans les 45 jours, l'Assemblée ne pourra
voter aucun texte avant que la situation budgétaire soit résolue. Un
référendum sur la question n'avait suscité la participation que de 20 %
des électeurs.
Le gouverneur Arnold Schwarzenegger a annoncé la
fermeture de toutes les agences publiques les trois premiers vendredis
de chaque mois par mesure d'économie. En février, le gouvernement avait
adopté 12 milliards de dollars de réductions budgétaires, affectant
principalement l'éducation. Cinq milliards de plus sont sur la
sellette. La huitième économie mondiale est affectée par la chute de
20 % de ses recettes depuis le début de la crise. Cette conjoncture
très troublée risque d'affecter le climat des affaires dans l'État,
notamment ses poumons que sont le high-tech dans la Silicon Valley,
l'industrie du cinéma et des loisirs autour de Los Angeles. Elle pèsera
aussi sur la reprise économique des États-Unis tout entiers, dont la
Californie assure plus de 10 % du PIB.
Seule maigre consolation pour Arnold Schwarzenegger :
la Californie n'est pas la seule dans cette situation. Les élus de sept
autres États - Arizona, Connecticut, Kentucky, Mississippi, Caroline du
Nord, Ohio et Pennsylvanie - sont toujours en train de délibérer pour
trouver un accord sur leur budget.
http://www.lefigaro.fr/economie/2009/07/03/04001-20090703ARTFIG00248-la-californie-en-cessation-de-paiements-.php